5. PRESENTATION DES RESULTATS
Ce
paragraphe s'adresse à toute personne ayant à faire un exposé
de quelque nature que ce soit. Que vous soyez stagiaire en master
de recherche, chercheur confirmé ou chef d'entreprise sa lecture
ne vous fera jamais de mal. Mon expérience quadricennale des congrès,
colloques et séminaires me permet d'affirmer que la
majorité des ingénieurs et chefs d'entreprise sont
nuls en terme de communication, et c'est absolument regrettable.
5.1
Exposé oral:
Généralités: Il s'agit de se faire comprendre
de son public et de transmettre un message. Cette phrase mérite un approfondissement,
une analyse attentive: Il y a la notion de public: on doit donc tout d'abord
se poser la question "à qui s'adresse la présentation
des résultats?". Le travers habituel du jeune (et parfois moins jeune)
chercheur est d'omettre ce point important ce qui l'amène souvent à faire un
exposé peut-être brillant, mais que son auditoire ne comprend pas. Il faut toujours
penser qu'il existe plusieurs catégories d'auditeurs (ou de lecteurs):
- ceux
qui sont spécialistes du domaine
et qui le connaissent aussi bien ou mieux que vous. Avec eux vous pourrez
user du jargon de spécialistes propre à votre domaine, et supposer connues
toutes les bases de ce domaine.
- ceux
qui ne sont pas spécialistes du domaine, mais ont un niveau scientifique
équivalent au votre. Vous
devrez alors éviter le jargon, expliciter les sigles, parfois préciser les
bases mathématiques ou scientifiques sur lesquelles repose votre travail.
- enfin ceux qui ne sont ni spécialistes, ni de haut
niveau scientifique et pour lesquels votre communication devra présenter
un aspect vulgarisation scientifique sans tomber dans les travers habituels
qui sont excessive simplification et science fiction, ou excès de mathématiques.
(merci de noter que vulgarisation scientifique n'est pas synonyme
de journalisme télévisuel!).
Dans les trois cas, une figure bien documentée vaut
mieux qu'un long discours.
Contenu
oral de la communication:
L'exposé devrait être pratiquement appris par coeur, mais dit sans que l'auditeur
en soit conscient. Les notes servent pour les trous de mémoire éventuels. En
cas de communication dans un congrès, le temps imparti est généralement limité
(15mn par ex). L'exposé demande donc une préparation minutieuse pour obtenir
le résultat suivant : faire en sorte que les résultats de votre recherche
soient reconnus par la communauté scientifique. On définira un plan structuré
destiné à souligner les idées à faire passer. On n'omettra surtout pas dans
une brève introduction de replacer le sujet dans son contexte. Le corps du sujet
constituera l'essentiel de l'exposé, sans digressions inutiles. Enfin une conclusion
positive et ouverte sur l'avenir clora votre exposé. Et l'on s'attachera à
respecter scrupuleusement le temps de parole : les bons communicateurs
sont ceux qui utilisent tout leur temps de parole sans déborder d'une
seconde en disant exactement ce qu'il faut, ni plus, ni moins. Cela ne s'improvise
pas mais demande une préparation rigoureuse.
Les
transparents On utilisera intelligemment les transparents. L'emploi
du rétroprojecteur est en effet généralisé, mais souvent avec médiocrité. Vous
noterez qu'un transparent doit être lisible par votre
auditoire (et pas seulement des deux premiers rangs d'auditeurs), c'est
la moindre des choses. Cela signifie que vous devrez:
- d'une
part, le projeter suffisamment longtemps, mais
sans exagération,
- et d'autre
part,limiter le nombre d'informations
simultanément projetées.
On estime qu'il ne
faut pas plus de six à huit lignes de texte par
transparent pour que ce soit lisible, écrites dans un cadre de 20x20 cm maxi,
ce qui signifie que les caractères doivent être plus de deux fois supérieurs
en taille à l'écriture normale: en conséquence un transparent ne sera jamais
une simple photocopie d'un texte. En particulier évitez l'erreur, malheureusement
très fréquente, de projeter un tableau de chiffres totalement illisibles. Avec
les logiciels de traitement de texte et de dessin, il est aisé de préparer des
transparents de qualité. Notez aussi qu'il est indispensable d'utiliser la couleur
pour souligner les mots-clés ou les parties du dessin sur lesquelles vous souhaitez
attirer l'attention. Il existe à cet effet des feutres spécialisés, des films
autocollants de couleur, et des transparents spéciaux acceptant l'impression
des imprimantes jet d'encre, thermique ou laser couleur .
Enfin vous veillerez
au moment de la projection à ne pas agacer l'auditoire
en:
- plaçant le transparent
à l'envers,
- en le décollant
de sa feuille de protection au moment de le placer sur le rétroprojecteur
ce qui est d'autant plus désagréable que le crissement est amplifié par
le microphone accroché au revers de votre veste,
- en courant sans
arrêt d'un bout à l'autre de la scène,
- en remuant vos
clés dans votre poche,
- et surtout en vous
plaçant devant l'écran ce qui ne favorise pas la compréhension de ce que
vous projetez.
Vous utiliserez avec
profit une baguette de conférencier (ou antenne de radio) pour montrer SUR
L'ECRAN l'élément que vous désirez que l'on regarde. Notez que l'emploi
d'un stylo pointé sur le transparent ne conduit généralement pas à un bon résultat,
surtout si vous êtes un peu ému et tremblez comme une feuille. De plus l'ombre
du stylo masque sur l'écran une grande partie du schéma. Le pointeur laser permet
de rester assez loin de l'écran et de pointer sur une information qui
y est projetée, mais ici encore cela demande un entrainement préalable
pour pointer exactement sur ce que l'on veut mettre en valeur.
Pour éviter, ce qui
est très fâcheux, de discourir sur un transparent alors que c'est un autre qui
est projeté, vous utiliserez la technique suivante: Dans une chemise unique
vous intercalerez le texte en langage parlé que vous allez prononcer et les
transparents à raison d'une page de texte maxi par transparent. Ce texte sera
écrit en gros caractères, en mettant en valeur les points que vous ne devez
en aucun cas oublier. Ainsi quand vous mettrez en place un transparent, vous
verrez simultanément dans votre dossier ce que vous devez dire; et si vous avez
un trou de mémoire, vous pourrez discrètement jeter un oeil sur votre texte
sans que l'auditoire ne s'en aperçoive. L'autre avantage de cette technique
est de bien séparer les transparents, d'éviter leur collage entre eux...
Un avant-dernier conseil:
il est parfois très intéressant de superposer deux ou trois transparents pour
mettre en valeur un processus, une technique. Cela impose une présentation rigoureuse,
rien n'est plus désagréable que le conférencier qui ne sait pas maîtriser cette
technique et passe deux minutes à essayer de superposer rigoureusement deux
diagrammes, alors qu'il est si simple d'avoir collé à l'avance les deux documents
entre eux et de rabattre alors le second sur le premier en un clin d'oeil avec
un positionnement parfait de l'un par rapport à l'autre.
Enfin n'oubliez
pas que votre première projection doit comporter le titre de votre conférence,
les noms des auteurs, ainsi que celui du laboratoire avec son adresse et, s'il
y a lieu son logo que vous répéterez chaque fois que vous le pourrez dans la
suite (publicité gratuite pour le laboratoire dont vous êtes l'ambassadeur).
Ce transparent restera projeté pendant toute votre introduction. Si le plan
de votre exposé est en 3 ou 4 points ce plan peut figurer sur ce premier transparent.
vidéoprojection :
Si vous avez
la possibilité d'utiliser un vidéoprojecteur ce peut être
une excellente chose. Un logiciel comme Powerpoint@ non seulement permet de
réaliser de belles images, mais en plus des projections plus ou moins
animées. Mais attention les couleurs sur l'écran du PC et sur
l'écran de projection peuvent être différentes selon les
réglages et les cartes écran. De même la résolution
de votre PC peut atteindre 1024x768 pixels2, mais le projecteur ne possède
peut-être qu'une résolution 800x600. Il convient donc de vérifier
assez longtemps à l'avance ces deux points. Et n'oubliez pas qu'on lit
toujours beaucoup plus facilement sur un moniteur 17 pouces que sur un écran
de projection placé à 8 m. Enfin ne surchargez pas vos projections
sous le prétexte que c'est facile et qu'il y a des modèles tout
faits, la sobriété est souvent plus payante que le flou artistique.
En particulier usez mais n'abusez pas des animations et apparitions soudaines
par la droite, le haut, le bas ou la gauche de mots ou groupe de mots voire
d'éléments de figure venant compléter la page en cours.
Ca devient très vite lassant et, de plus, l'expérience
montre que vous êtes alors concentré sur la manipulation de votre
souris ou télécommande et que simultanément vous passez
votre temps à regarder l'écran et non votre auditoire, ce qui
n'est pas l'objectif d'une communication orale. Et symétriquement votre
auditoire risque aussi de se focaliser sur cette animation et de ne plus vous
écouter. Il y a donc un équilibre à trouver.
Technique
de l'expression orale:
Le langage parlé n'est pas le langage écrit, il faut cependant être très précis
dans vos propos. Votre conférence doit avoir été répétée
afin qu'elle tienne exactement dans le temps imparti. Dans de nombreux
colloques le président de séance se voit contraint d'interrompre un conférencier
trop bavard, ce qui est fâcheux pour l'auditoire et pour le conférencier, pour
respecter l'horaire qui est toujours très serré. Apprenez donc à dire l'essentiel
en temps limité tel un vrai bon publicitaire. Parlez normalement, ni trop vite,
ni trop lentement, pensez qu'il y a dans l'auditoire des personnes qui ne manient
pas forcément parfaitement la langue dans laquelle vous vous exprimez. Utilisez
correctement le microphone/cravate qui vous a été remis: vous pouvez éventuellement
dire quelques mots sans regarder l'auditoire, mais en restant en face du micro;
c'est à dire qu'il faut tourner ou tout le corps ou tout le buste, mais
jamais la tête seule. Il est cependant conseillé d'éviter de parler
en tournant systématiquement le dos à l'auditoire que vous devez au contraire
regarder.
Il
faut accrocher le regard des gens que vous voulez convaincre, ce qui signifie
que vous ne devez pas toujours regarder la même personne ou dans le vide.
Un détail
technique : c'est toujours le Président de séance qui vous donne
la parole, en conséquence vous commencez votre exposé par "Mr
le Président, mesdames et messieurs" (Mr Chairman, Ladies and Gentlemen)
et le terminez par "je vous remercie de votre attention" (thank you
very much for your attention). C'est le meilleur moyen de faire comprendre à
l'ensemble de l'auditoire que votre exposé est terminé et que
vous êtes prêt à répondre à d'éventuelles
questions.
5.2
Rapport écrit
Il est évident que l'on est jugé essentiellement sur l'écrit. Un
exposé oral aussi brillant soit-il est vite oublié, l'écrit reste
et doit donc ne présenter aucune imperfection majeure. C'est l'écrit qui assure
l'antériorité d'une découverte, qui démontre que les heures passées n'ont pas
été un aimable farniente mais ont conduit à des résultats tangibles. Un document
écrit comporte toujours les éléments suivants: un titre, le nom du ou des auteurs,
l'adresse du laboratoire, le corps du développement sur lequel on va revenir;
on y ajoutera souvent deux informations essentielles : la
date de rédaction, et la liste des destinataires,
et bien entendu s'il s'agit d'un rapport de fin de contrat on le signera. Précisons
que dans le module consacré au PC, sur ce site, nous avons introduit
un chapitre sur la maîtrise de Word, expliquant toutes les astuces pour
faire un rapport avec des tables et des index, des figures correctement insérées...
5.3
cas d'un mémoire de thèse:
Présentation du brouillon
Le texte final est évidemment
dactylographié sur traitement de texte, et le plus souvent par vous-mêmes. La
version définitive provient de nombreuses versions intermédiaires améliorées
successivement après relecture par vous, par quelque collègue amical, par votre
directeur de thèse, éventuellement par un enseignant de français si votre orthographe
ou votre style sont légèrement défaillants. Afin de permettre
une lecture et une correction efficaces quelques règles de bon sens doivent
être appliquées.
Il faut d'abord réfléchir
sur le plan avant d'écrire les chapitres. Si vous faites relire une portion
incomplète du texte, ce qui est généralement le cas, pensez à toujours joindre
au chapitre à relire le plan détaillé que vous suivez. La personne qui relit
votre texte, quelle qu'elle soit, n'a pas que votre thèse en tête et ne peut
prédire ce que vous allez dire dans les chapitres suivants, elle a donc IMPERATIVEMENT
BESOIN de ce REPERE qu'est UN PLAN BIEN FAIT.
Afin de permettre
les corrections, il faut laisser une marge et écrire en double interligne
(c'est à dire une ligne sur deux). Si vous fournissez une version imprimée de
votre brouillon, elle n'a pas à être présentée comme la version finale. Dites
vous bien que votre directeur de thèse va faire la plupart du temps beaucoup
de modifications et ce qu'il lui faut c'est de la place pour les écrire.
Notez de plus que votre traitement de texte préféré dispose d'un mode d'impression
brouillon et qu'il y a lieu de l'utiliser pour toutes les versions intermédiaires.
En effet une page laser en mode brouillon revient environ 4 fois moins cher
qu'en mode haute qualité pour la simple raison que la quantité d'encre déposée
sur la feuille est réduite, ce qui ne pose pas de problèmes de lisibilité, mais
tient compte intelligemment des finances exsangues du laboratoire.
Si votre brouillon
est écrit à la main veillez à ce qu'il soit lisible par les autres. Les gribouillis
présentent quatre inconvénients majeurs: c'est impoli pour le lecteur que cela
met mal à l'aise, il peut comprendre autre chose que ce que vous croyez avoir
écrit, il ne peut contrôler si votre orthographe est correcte, enfin il arrive
que vous-mêmes ne sachiez relire ce que vous avez gribouillé.
Sur le style
Un texte scientifique n'est pas un texte littéraire, cela se rapproche plutôt
d'un texte juridique en ce qui concerne la rigueur, c'est à dire que l'approximation
n'est pas de mise. Chaque mot doit être choisi, chaque
virgule compte. Veillez à faire des phrases courtes. L'optimum tolérable
si vous voulez être compris est de trois ou quatre lignes. Au delà le lecteur
doit faire un effort pour suivre votre pensée et votre message ne passera pas.
La concision est toujours un facteur de clarté (pensez que vous écrivez un message
publicitaire). Evitez les répétitions du même mot trois fois dans la même phrase.
La langue française est en général suffisamment riche pour y remédier. Les sigles
sont à éviter, mais si vous devez en employer, il faut absolument les expliciter
à la première utilisation. De même, les termes en langue étrangère ne doivent
figurer qu'exceptionnellement et seulement s'il n'existe pas d'équivalent français
convenable (quand je dis convenable cela veut dire qu'il ne faut pas utiliser
un terme français systématiquement sous le principe qu'il a été
édicté par une instance gouvernementale. Les énarques qui
nous gouvernent ont une certaine propension à inventer des mots pour
franciser des termes étrangers, mots qui, sauf exception, ne sont utilisés
par personne. Dans un tel cas mieux il vaut utiliser le terme anglo-saxon que
tout le monde comprend plutôt qu'un néologisme énarchique
dont personne ne saisira la signification). En ce qui concerne les notations,
soit vous les explicitez à leur première apparition, soit vous en faites un
tableau qui figurera en début du rapport, soit ainsi que je le recommande,
vous faites les deux. Le tableau présente un autre intérêt, il vous permet
d'harmoniser vos notations et d'éviter sur deux pages successives, l'emploi
de deux notations différentes pour une même grandeur, ou au contraire d'une
même notation pour deux grandeurs différentes. Dans le cours du texte, il est
fréquent de faire référence à un travail antérieur déjà publié par vous-mêmes
ou d'autres auteurs. Il convient de citer le nom de l'auteur, si ce n'est pas
le votre, et d'indiquer, entre crochets, la référence numérotée que l'on trouvera
dans la bibliographie à la fin du rapport.
Développement du rapport
Le rapport comporte
toujours les éléments suivants plus ou moins étendus:
un
titre Une thèse (ou un rapport) sera d'autant mieux diffusée
qu'elle est aisément repérable. Il est donc important que le titre apporte une
information précise et pertinente. Chaque mot significatif du titre sera indexé
et interrogeable dans le catalogue de la bibliothèque universitaire.
les
remerciements, dont le rôle n'est pas de faire plaisir à untel
ou untel, mais de montrer au lecteur qui vous a effectivement aidé. Ce
qui peut être l'occasion de démontrer que vous avez su vous faire
aider par les personnes les plus compétentes (ce qui est un plus pour
vous) ou bien que votre labo dispose de réelles compétences en
la personne d'untel ou d'unetelle (ce qui parfois était ignoré
ou sousestimé). La rédaction de cette page de remerciements est donc
très importante car il faut aussi tenir compte de certaines susceptibilités
et habitudes. Votre directeur de thèse doit pouvoir vous éviter certaines maladresses.
un
sommaire détaillé. ou table
des matières
La table des matières
est la liste des titres de chapitres (divisions et subdivisions avec leur numéro)
accompagnés de leurs numéros de page. Elle est placée de préférence en début
de document, après la page de titre et les remerciements. La liste des documents
placés en annexe à la thèse doit être donnée à la fin de la table des matières.
La table des matières peut être suivie de tables particulières : figures, illustrations,
etc.
une
introduction qui comporte, en une ou deux pages, la finalité,
l'origine du travail, l'état actuel de la question, la présentation du contenu
du rapport chapitre par chapitre.
les
différents chapitres :
Ils comprendront :
-
la position du problème qui reprendra une partie de l'introduction
mais en la précisant de façon beaucoup plus explicite. En particulier il
est souvent opportun de faire le point de la question de manière approfondie.
Cependant attention aux redites. Si votre thèse est
la quatrième sur le même thème soutenue au laboratoire, cette première partie
ne devra pas être la redite du chapitre un des trois autres, ce que
malheureusement on constate trop souvent. Vous devrez au contraire faire
référence pour le point sur la question à celle des trois autres qui comporte
le meilleur exposé de ce point et vous contenter d'un résumé de l'état de
l'art, puis résumer les apports des trois thèses antérieures et préciser
ce qui reste à faire. Chaque élément du cahier des charges sera défini en
soulignant les difficultés qui s'y attachent.
- des rappels théoriques
si nécessaire, devant pouvoir être compris par un public pas trop averti.
Les
notions mathématiques de très haut niveau qui vous ont été ponctuellement indispensables,
mais qui ne le sont pas à la compréhension globale de votre travail, pourront
avantageusement faire l'objet d'une annexe si vous êtes capable de les présenter
clairement. Ce qui
signifie qu'il s'agit de votre présentation et
non d'une recopie d'un livre paru antérieurement. En effet rien n'est plus désagréable
que de voir des annexes reproduire à l'identique un chapitre d'un livre que
vous possédez dans votre bibliothèque et de constater de surcroît que certains
éléments indispensables à la compréhension (notations par exemple) qui dans
l'ouvrage original figurent dans un autre chapitre, ont ici été omis. Sinon
il vaut mieux simplement faire référence au livre ou à l'article où vous avez
trouvé ces notions mathématiques pointues.
Notez
à ce propos que de plus en plus d'établissements universitaires
se dotent d'un logiciel qui via la base de données d'un site
internet spécialisé identifie ces coupés-collés
et permet ainsi de repérer ceux qui n'ont pas vraiment apporté
beaucoup d'innovation dans leur rapport. |
-
la description de l'appareillage utilisé ou réalisé.
On précisera l'architecture d'ensemble, donnera un schéma de la carte réalisée,
explicitera certains points de l'architecture présentant une originalité.
On reportera en annexe certains détails techniques dont la présence n'est
justifiée que pour simplifier la vie de votre (ou vos) successeur(s) au
laboratoire. Il est inutile de rappeler la liste des instructions d'un microprocesseur
courant dans ce chapitre ! Par contre si vous avez astucieusement utilisé
un mode d'adressage peu répandu, il peut être admis que vous en rappeliez
brièvement le principe.
- la description des logiciels
spécifiquement développés par vous. Un bon organigramme vaut souvent plusieurs
pages d'explications, une recopie d'écran peut-être très
informative. Un organigramme doit pouvoir être lisible, ce qui signifie
qu'il ne doit pas s'étaler sur plusieurs pages. Si tel est le cas, et
c'est généralement le cas, il faudra donc faire un organigramme simplifié
par grandes fonctions, puis, si besoin est, expliciter chacune (ou seulement
quelques unes) de ces fonctions par des organigrammes plus détaillés.
Le listing du programme ne fera pas partie ni du développement, ni même
parfois des annexes. Cependant vous veillerez à faire une double copie du listing
(avec des commentaires détaillés) à l'intention de votre responsable. Car votre
travail sera pratiquement toujours utilisé après votre
départ par une personne qui sera amenée à améliorer les logiciels
que vous avez écrits. Ce listing sera évidemment daté, signé, et muni du nom
du fichier et du répertoire sur lequel le retrouver (et une copie sur disquette,
CD ou clé USB doit être remise à votre responsable).
-
l'expérimentation
réalisée sera évidemment décrite avec précision. On mentionnera les conditions
expérimentales afin que les résultats présentés puissent être effectivement
significatifs pour le lecteur. Les résultats présentés seront ensuite analysés,
on en tirera les conclusions qui s'imposent.
-
La
conclusion Dans la conclusion
générale vous rappellerez très brièvement l'objet du travail, vous indiquerez
ce qui a été résolu, ainsi que les prolongements éventuels envisageables
en précisant si besoin est leur coût estimé en temps ou matériel. Une
conclusion doit toujours mettre l'accent sur ce qui est positif même
si votre travail se solde par un échec.
- La
bibliographie La bibliographie doit pouvoir servir à d'autres,
elle doit comporter ce qui vous a été réellement utile au cours de ce travail.
Ici encore il est très malvenu de recopier la bibliographie que vous avez
trouvée dans la thèse précédente (surtout si cette dernière présente des
défectuosités) mais uniquement ce que vous avez vraiment lu. On la classera
soit par ordre alphabétique des noms d'auteurs, soit par ordre d'apparition
des références dans le texte. La présentation retenue pourra être celle
donnée dans l'exemple ci-dessous:
(1) A. ZUNGER,
Solid State Phys., 39 (1986) pp 276-295.
(2) S. SUGANO,
Multiplets of Transition-Metals Ions in Crystals, Academic Press, New
York, 1970.
(3) M. MASSOT
et al., in H.L. MULLER and M. BALKANSKI (eds), Proc. Advanced Study Institute:
Science and Technology of Fast Ionic Conductors, Erice, 12-14 november 1987,
Plenum, New York, 1988, pp 242-246.
(4) M. HUBIN,
Thèse de Doctorat, Rouen, 1972.
Une autre
présentation de la bibliographie consiste à mettre en index
les 3 premiers caractères du nom du premier auteur et l'année
de la publication. Ainsi la référence (4) ci-dessus deviendrait
dans ce cas :
[HUB72] M. HUBIN, Thèse de Doctorat, Rouen, 1972.
La première
référence citée provient d'une revue dont le nom peut être abrégé
selon une codification internationalement reconnue. On indique le numéro
du tome, puis entre parenthèses l'année et enfin la première et la dernière
pages de l'article. La deuxième référence concerne un ouvrage. On indique alors
outre l'auteur et le titre, le nom de l'éditeur et le lieu et la date d'édition.
Ces trois dernières informations sont essentielles pour le lecteur qui veut
retrouver ledit ouvrage. Certains auteurs omettent la ville d'édition, c'est
une erreur car tout le monde ne connaît pas l'origine de chaque éditeur ; de
même l'indication de l'année est doublement utile car elle permet d'avoir une
idée de l'âge du livre, et il convient de noter que certains ouvrages sont réédités
avec de nombreuses modifications et qu'il n'est donc pas forcément idiot que
l'on sache que vous avez eu entre les mains la dernière
version
ou au contraire une
version antérieure complètement dépassée.
En référence trois il s'agit d'une communication à un colloque ayant fait l'objet
de la publication ultérieure des actes du congrès sous la responsabilité de
MM MULLER et BALKANSKI. On doit donc donner le nom de l'auteur, les références
des actes du congrès, le lieu et la date du congrès et de la publication (car
il peut y avoir dans ce cas un écart important). Si l'on veut être plus précis
on doit indiquer le début et la fin de l'article sous la forme pp 242-246. Notez
que (Eds) signifie Editors dont la traduction française n'est pas éditeur dans
son sens courant mais plutôt coordonnateur-responsable de la mise en forme de
l'ouvrage. Si la bibliographie n'est pas trop longue (ce qui doit être le cas
si vous ne citez que ce qui est effectivement utile), on ajoutera les titres
des articles ou des thèses citées. On aurait alors:
(5) K. OWUSU-SEKYERE,
Characterization of Si-Ge-GaP Thermoelements Materials, Science and Engineering,
B3(1989) pp 231-240.
Notez qu'en
anglais, et par conséquent aussi dans votre document en français, tous les mots
du titre d'un colloque ou d'une revue ont leur première lettre en majuscule.
Enfin si votre bibliographie parait longue, il est toujours possible d'utiliser
l'artifice de présentation suivant : l'imprimer
en petits caractères. Les documentations de caractère technique seront
aussi indiquées avec précision, par ex:
(6) BiCMOS/CMOS
Databook, Cypress Semiconductor, San Jose (Ca),1990, pp 3-87.
En outre,
si en France on met fréquemment le prénom avant le nom de l'auteur,
dans la littérature anglo-saxonne c'est l'inverse qui prévaut
et la tendance récente en bibliographie est de s'aligner sur cette pratique.
Le nom de l'auteur est alors écrit en majuscules, suivi d'une virgule
puis du (ou des) prénom en minuscules (tel que dans l'exemple ci-dessous).
Enfin si le
document est accessible via Internet il sera indispensable de préciser
l'adresse électronique du document, par ex:
CARRIERE,
Laurent. Hypertextes et hyperliens au regard du droit d’auteur : quelques éléments
de réflexion. Les Cahiers de propriété intellectuelle [en ligne]. Septembre
1997 [réf. du 19 octobre 1998], p. 467-490. Disponible sur : http://www.robic.ca
- Les
annexes Elles doivent ne pas occuper plus de 20% de l'ensemble
du rapport. On ne met en annexe que des éléments utiles pour l'approfondissement
de certains éléments non développés dans le cours du texte principal et
non aisément disponibles ou accessibles par la bibliographie. Un listing
en C figurera en annexe dans la mesure où il ne comporte pas un très grand
nombre de lignes, et où il est agrémenté de nombreux commentaires le rendant
lisible. De même la liste complète des composants utilisés dans votre
réalisation instrumentale pourra figurer en annexe (en tout état de cause
elle devra être fournie à votre responsable) ainsi que les plans de câblage.
- L'index
Un index général ou des index thématiques (de noms propres …) peuvent être
élaborés. Ils doivent en tout état de cause être générés de façon automatique.
- Le
résumé
Qu'il s'agisse d'une thèse ou d'un article, il faut toujours les faire
précéder ou suivre d'un court résumé en français et en anglais (200 mots)
ainsi que d'une liste des mots-clés.
La mise en page
Afin d’assurer une bonne impression
il est recommandé de :
- justifier le texte
- choisir un caractère de bonne lisibilité d'une taille suffisante : 12 points
en moyenne, Police Arial ou Verdana plutôt que Times New Roman
- taper le texte avec un interligne simple ; il peut être agrandi
- laisser une marge de 2,5 cm à gauche et à droite, 1,5 cm minimum en haut,
2 cm minimum en bas
La pagination doit
commencer dès la page de titre (la couverture ne compte pas), être continue
et englober annexes, illustrations, tableaux, bibliographie...et index. La page
de titre est comptée mais non numérotée.
Une fois le texte
correctement enregistré, il convient de s'intéresser à la mise en page. Le bon
sens doit vous guider. Il faut éviter les paragraphes débutant en bas de page,
les figures décalées par rapport au texte. Si l'on n'arrive pas à placer la
figure et le texte qui s'y rapporte sur une même page, il est parfois possible
de réduire la taille de la figure, et aussi de la placer juste avant le texte
plutôt qu'après. Les figures doivent être complètes, le lecteur n'a pas à devoir
imaginer dans quelle système d'unités vous avez tracé la superbe courbe qui
illustre votre propos. Les points expérimentaux, et leur rectangle d'erreur
éventuel, seront placés. On n'oubliera pas les éléments complémentaires d'information
(par ex à quelle température a été tracé votre diagramme si la température est
une grandeur d'influence évidente). Enfin on se souviendra qu'il existe actuellement
dans tous les laboratoires des scanners qui permettent de récupérer dans un
autre document une figure bien faite ou d'intégrer à votre mémoire un graphique
réellement sorti de la table traçante.
Diffusion électronique
Aujourd'hui
de plus en plus de documents, et tout particulièrement de thèses,
sont diffusés électroniquement, soit sous forme de CdRom, soit
via Internet. L’évolution des technologies et des pratiques conduit effectivement
à privilégier la diffusion sur Internet, sans exclure bien entendu d’autres
modes de diffusion. Cette option est fondée sur plusieurs constats :
- les thèses sont produites dans leur quasi totalité sous forme numérique.
- l’équipement informatique tant des institutions publiques ou privées que
des particuliers ouvre un vaste champ de consultation pour ces documents.
- ces technologies favorisent un accès convivial, souple et enrichi aux thèses
numérisées : interrogations réparties, rapidité de la diffusion, hypertexte,
etc.
On
notera que la version papier et la version électronique doivent comporter
très exactement les mêmes informations, cependant on peut dans
la version électronique exploiter l'hypertexte
afin d'en rendre plus conviviale la consultation, ce qui impliquera la création
de deux fichiers différents pour l'impression papier et la version à
diffusion électronique, les liens hypertexte n'ayant pas lieu de figurer
en tant que tels sur la version papier.
Enfin
on n'oubliera pas de signaler ce document dans le catalogue collectif des établissements
d’enseignement supérieur (Système universitaire de documentation, Sudoc) accessible
à l’adresse http://www.sudoc.abes.fr
Si vous souhaitez le support d'un modèle de document normalisé,
c'est à dire conforme à la norme AFNOR Z 41-006, celui-ci est
accessible à l’adresse suivante : http://www.sup.adc.education.fr/bib/,
rubrique Activités et projets, Thèses.
5.4
rédaction d'une communication ou d'une publication
Les règles précédentes
s'appliquent toujours. Cependant il y a une contrainte supplémentaire qui est
la limitation généralement très sévère du nombre de pages. Cela impose d'être
très bref et particulièrement percutant.
On ne conserve que l'essentiel, c'est un excellent exercice de synthèse. En
outre la langue utilisée est souvent l'anglais, il faudra donc faire
relire votre texte par un spécialiste de cette langue avant de l'envoyer
au comité de lecture de la revue. Ce dernier
conseil est essentiel, car si votre papier est considéré
comme d'une langue trop pauvre (too poor english!) il sera refusé, ou
ajourné ce qui constitue une perte de temps et souvent un risque de voir
alors un concurrent publier les mêmes résultats avant vous : en
particulier pensez qu'une revue américaine diffusera votre papier à
plusieurs reviewers américains travaillant dans votre domaine et qu'ils
ne se priveront pas le plus souvent de choisir le moindre prétexte pour
ajourner votre papier ce qui leur laisse éventuellement le temps de reprendre
à leur compte (ou à celui d'un collègue proche) vos travaux
et de les publier sous leur nom dans la même revue ou une autre mais avant
vous! Le procédé n'est pas joli, mais il est fréquent.
Notez qu'une
communication à un Congrès est souvent acceptée sur le
vu d'un simple résumé que vous aurez adressé à l'organisation
dudit Congrès plusieurs mois avant la tenue de celui-ci. En général
ce résumé doit comporter un nombre de mots défini,
il vous faudra donc ici encore savoir synthétiser votre pensée
pour convaincre le comité de lecture de l'intérèt de votre
papier.
6.
CONCLUSION
Nous espérons
que ce mémento vous permettra d'améliorer votre efficacité de chercheur, mais
aussi de "vendeur de résultats"
tant auprès de vos collègues de laboratoire qu'auprès de la communauté scientifique
internationale ou de l'environnement écono-administratif. Il
est cependant perfectible et nous apprécierons toute contribution à son amélioration
pour la prochaine édition.