Copyright
© 2000-2014 LHERBAUDIERE
dernière mise à jour
05 mars 2014

les savants du XIXème Siècle


Le XIXème Siècle, et tout particulièrement sa deuxième moitié, après le traumatisme de la Révolution Française, a vu l'essor des sciences pour l'ingénieur et simultanément un foisonnement théorique gigantesque. Le mouvement de confrontation des idées initié le siècle précédent se poursuit dans tous les domaines et commence à porter ses fruits dans le domaine essentiel de la structure de la matière et des phénomènes électriques et de la cinétique des gaz (ici encore domaine essentiel pour l'avancée des connaissances futures).


Abel (Niels) : (Finhgly, 1802- Arendal, 1829) mathématicien norvégien, spécialiste de l'algèbre et tout particulièrement des fonctions elliptiques. Il ne réussit pas de son vivant à faire reconnaitre l'intérêt de son travail. C'est Jacobi qui le premier comprendra le génie de ce jeune mathématicien qui avait démontré, à l'âge de 19 ans, l'impossibilité de résoudre par radicaux les équation algébriques de degré 5, ce que son contemporain Galois généralisera à tout n>4 en 1832. Précisons qu'après un bref passage à Paris il retourne à Oslo en 1828 où il contracte la tuberculose, d'où son décès prématuré. Abel recevra, mais à titre posthume, le grand prix de Mathématiques de l'Institut de France, en 1830.


D'Almeida : (Charles Joseph) : (Paris, novembre 1822- Paris, novembre 1880) fut professeur de Sciences physiques, agrégé de physique en 1848, et l'un des précurseurs des photos anaglyphes en 1858. En 1872, il fonde le Journal de Physique, avec Charles Brisse et la collaboration des principaux physiciens français : Berthelot et Desains (une rue porte le nom de ce dernier à Saint-Quentin). Alfred Cornu (1841-1902) fut amené à travailler pour le journal pour ses travaux relatifs à la diffraction de la lumière.
En 1873, d'Almeida fonde la Société française de physique, dont il fut le secrétaire général. La société comptait, au moment de sa mort, plus de 500 membres.En 1880, la Société française de physique a rendu hommage à Joseph d'Almeida en lui érigeant un buste qui avait été placé dans la salle de réunions ; celui-ci portait l'inscription « Fondateur ». Ce buste a disparu. De ce fait, le nom d'Almeida a sombré dans l'oubli.


Ampère (André Marie) : (Lyon, 1775- Marseille, 1836) physicien à qui l'on doit la théorie de l'électromagnétisme vers 1820, mais aussi le principe du galvanomètre, l'électro-aimant (avec Arago), le télégraphe électrique (avec Arago) et diverses contributions en mathématiques, en chimie et même en philosophie. Après une courte carrière de professeur dans divers lycées de la région lyonnaise et de l'Ain, il devient répétiteur d'analyse à l'école polytechnique en 1804. Dès 1814 il est élu à l'Académie des Sciences et finira titulaire d'une chaire au Collège de France.


Andrews (Thomas) : (Belfast, 1813- 1885) physicien irlandais thermicien il découvrit la température critique, température au dela de laquelle un gaz ne peut plus être condensé sous l'effet d'une augmentation de pression. Il fit ses études en Ecosse, puis en France et enfin au Trinity College de Dublin avant de s'installer quelques temps comme médecin à Belfast. Il deviendra ensuite professeur de Chimie au Queen's College de cette ville de 1849 à 1879.

C'est en 1861 qu'il met en évidence la température critique des gaz après avoir beaucoup travaillé sur les chaleurs latentes de vaporisation et les phénomènes thermiques se produisant lors de réactions chimiques, en étant le premier à utiliser la "bombe calorimétrique" lors de ses expériences.


Angström (Anders Jonas) : (Lögdö, 1814- Uppsala, 1874) physicien et astronome suédois, longtemps directeur de l'observatoire d'Uppsala, qui s'est intéressé à l'analyse spectrale et tout particulièrement au spectre visible dont il a déterminé les limites. Il découvrit, en 1862, la présence d'hydrogène dans l'atmosphère du Soleil. Son nom est associé à une unité à l'échelle de la dimension atomique, non incluse dans le système international, mais encore usitée par nombre de physiciens. Pour mémoire un nanomètre correspond à 10 angströms.


Arago (François) : (Estagel, 1786- Paris,1853) astronome et physicien éclectique, admis à l'Ecole polytechnique à 17 ans, directeur de l'Observatoire de Paris, ce roussillonnais mesura la densité de divers gaz, la tension de la vapeur d'eau, découvrit les polarisations rotatoire et chromatique, l'aimantation du fer par un courant électrique. Il est aussi connu pour avoir mesuré avec Biot un arc de méridien terrestre. Sa réputation d'enseignant et de savant passe les frontières et lui vaut de nombreuses décorations

Ce fut aussi un homme politique brillant, libéral et très apprécié qui en 1848 fut un des artisans de l'abolition de l'esclavage. Porté au pouvoir en 1848, il quittera la politique un an avant sa mort, en 1853, à Paris.


Arrhenius (Svante) : (Wijk/Uppsala, 1859- Stockholm, 1927) physicien suédois, prix Nobel en 1903 pour ses travaux sur la théorie des ions. Son sujet de thèse, à partir de 1881, à l'Institut de Physique de l'Académie royale des sciences de Suède, à Stockholm, sera effectivement la conductivité des électrolytes. Pour la petite histoire notons qu'il obtient sa thèse de justesse, mais que c'est ce travail qui lui vaudra plus tard le prix Nobel de Chimie. De 1186 à 1890 il va visiter les labos des meilleurs spécialistes européens de la chimie physique (Ostwald, Boltzmann, Van't Hoff...) puis revenir à l'Université de Stockholm où il obtient le Nobel en 1903. On sait moins de lui qu'il fut le premier à montrer le rôle du gaz carbonique dans les processus climatiques (effet de serre). En effet, dans un article intitulé « De l'influence de l'acide carbonique dans l'air ... sur la température de la terre » , publié en 1896, il estime qu’un doublement du taux de CO2 causerait un réchauffement de ~5 °C (soit sensiblement les prévisions faites par le GIEC plus de 100 ans plus tard).


Avogadro (Amedeo) : (Turin, 1776- id.,1856) chimiste italien, professeur à l'université de Turin à partir de 1820, qui s'intéressa aux molécules gazeuses (hypothèse d'Avogadro), et découvrit que deux volumes égaux de gaz différents, dans les mêmes conditions de température et de pression, contiennent un nombre identique de molécules. On lui doit, par suite, le nombre de molécules contenues dans une mole, soit 6.023.1023. C'est lui qui fonda la chimie moderne en précisant, en 1811, que deux volumes d'hydrogène se combinent à un volume d'oxygène pour former deux volumes de vapeur d'eau (Nouvelles considérations sur la théorie des proportions déterminées dans les combinaisons, et sur la détermination des masses des molécules des corps).


Babbage (Charles) : (Teignmouth/Devon, 1792- Londres, 1871) mathématicien anglais, fils unique d'un banquier il renoncera à une carrière prometteuse de savant pour consacrer sa vie à la construction d'un calculateur mécanique. On lui doit donc l'une des premières machines à calculer, mais aussi le concept de programmation. Son amie et assistante Ada King (lady Lovelace 1814-1852) fut, de fait, la première femme programmeur, c'est pourquoi son nom a été donné à un langage de programmation.


Balmer (Johann Jacob) : (Lausen, 1825- Bâle, 1898) physicien suisse qui étudia le spectre de l'hydrogène et expliqua la répartition des raies de ce spectre(dont une série porte son nom).

Excellent en mathématiques il fit d'abord des études dans ce domaine à l'université de Karlsruhe, puis Berlin et obtint son Ph.D. à Bâle en 1849 où il passa le reste de sa vie. C'est en 1885 qu'il compila les données concernant l'hydrogène et en déduisit une formule empirique permettant de prévoir les longueurs d'onde des diverses raies du spectre de l'hydrogène, qui furent ensuite vérifiées expérimentalement par ses collègues chimistes de l'université de Bâle. Notons que la formule de Balmer n'est qu'un cas particulier de celle découverte plus tard par Rydberg et qu'il fallut attendre la théorie de Bohr pour réellement comprendre ce spectre de l'hydrogène..


Barlow (Peter) : (Norwich, 1776- Woolwich,1862) physicien britannique, aussi mathématicien, ses premiers travaux concerneront le magnétisme, et c'est à lui qu'on doit l'idée du moteur électrique (la roue de Barlow, 1828) mais aussi la lentille qui permet l'amplification du grossissement des lunettes astronomiques (en 1834). Il se consacrera ensuite à la construction ferroviaire.


Baudot (Emile) : (Magneux, 1845- Sceaux, 1903) cet ingénieur champenois fut un des premiers spécialistes des télécommunications. Il créa un télégraphe imprimeur et un retransmetteur automatique (1894). Son nom est évidemment associé au code Baudot utilisé par les téléscripteurs ainsi qu'à une unité bien connue des télécoms : le baud qui initialement était l'unité de vitesse de transmission d'un point de l'alphabet Morse par seconde.


Becquerel (Antoine) : (Chatillon-Coligny, 1788- Paris, 1878) physicien qui découvrit la piézoélectricité et inventa la pile photovoltaïque. Polytechnicien, il quitte l'armée en 1815 et se consacre à des travaux scientifiques qui lui valent le titre de membre de l'Académie des sciences en 1829 et la chaire de professeur de physique au Muséum national d'histoire naturelle de Paris en 1837.Il fait de l'électrochimie appliquée aux arts l'objet de ses recherches et donne le premier l'idée des piles à courant constant. Il s'occupe également de physiologie et de climatologie et contribue à l'amélioration du sol de la Sologne. Il sera membre étranger de la Royal Society en 1837.

Becquerel (Henri) : (Paris, 1852- Le Croisic, 1908) petit fils du précédent . La famille Becquerel a produit quatre générations de physiciens, tous polytechniciens, professeurs et membres de l'Académie des sciences, se succédant dans les laboratoires du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. C'est là qu'Henri Becquerel, le plus connu de cette famille pour qui la science est une véritable tradition, fera l'extraordinaire découverte de la radioactivité. Ses travaux le conduisent d'abord à étudier la polarisation rotatoire (1876), la phosphorescence (1882), la spectroscopie infrarouge (1883) ainsi que l'absorption de la lumière par les cristaux (1886). En 1895, suite à la mise en évidence des rayons X par l'Allemand Roentgen, il décide de s'attaquer au problème des radiations en utilisant un dépôt de sels d'uranium sur une plaque photo en présence de soleil, et c'est grâce à l'absence fortuite de celui-ci lors d'une manip qu'il reçut, en 1903, le prix Nobel pour sa découverte de la radioactivité (en 1896).


Bell (Alexander Graham) : (Edimbourg, 1847- Halifax, 1922) physicien américain. Notons qu'après ses études classiques en Ecosse, il passa un doctorat de philosophie en Allemagne à Würzburg. Après un passage au Canada il s'installe aux USA où il s'intéresse aux sourds-muets. C'est en 1876 qu'il imagine le téléphone. Son invention a cependant été contestée par Gray. Il fonda la Bell Telephone Company en 1878, société qui absorba Western Electric en 1881, puis ATT. C'est d'ailleurs sous ce nom que la Bell se développa après 1887


Bessel (Friedrich Wilhelm) : (Minden, 1784- Königsberg, 1846) astronome allemand, mesura le premier de façon convaincante une distance stellaire. On lui doit le développement de quelques fonctions mathématiques aujourd'hui très employées en électronique, dites de Bessel, solutions d'équations différentielles particulières, dans la résolution des problèmes de mécanique céleste faisant intervenir la théorie des perturbations. Ces fonctions jouent un rôle important dans l'analyse de la répartition et de la conduction de la chaleur ou de l'électricité à travers un cylindre. Elles sont aussi utilisées pour résoudre des problèmes de mécanique ondulatoire, d'élasticité et d'hydrodynamique.


Biot (Jean-Baptiste) : (Paris, 1774- Paris, 1862) physicien très eclectique qui effectua des recherches sur la polarisation de la lumière, l'électromagnétisme... La plus grande partie de ses recherches fut consacrée à l'optique. mais il fut un des premiers à affirmer que la physique et la chimie doivent être liées. On lui doit en particulier la loi de Biot et Savart. En astronomie il s'intéressa notamment aux météorites. En 1803, l'Institut national des sciences et des arts le chargea d'une enquête sur des "pluies de pierre à Laigle". Ses observations et ses conclusions mirent fin à la controverse sur l'origine extra terrestre des météorites.


Boltzmann (Ludwig) : (Wien, 1844- Trieste, 1906) ce physicien viennois se consacra essentiellement à la théorie cinétique des gaz, c'est à dire à la répartition statistique des vitesses des molécules dans un gaz à une température donnée, mais ses concepts de mécanique statistique ont été exploités avec succès dans la théorie électronique où l'on a parfois considéré les électrons quasi-libres comme un "gaz d'électrons". Mais nombre de chimistes refusèrent de le suivre dans ses raisonnements et ce n'est qu'après sa mort que Perrin, en 1909, en étudiant des solutions colloidales valida simultanément le nombre d'Avogadro et la théorie atomique de Boltzman.


Boole (George) : (Lincoln, 1815- env. Cork, 1864) mathématicien anglais promoteur de la logique mathématique contemporaine, à l'époque considérée comme un divertissement de salon...l'informatique n'était pas née! Mais elle lui doit beaucoup. Il publie en 1854 les Lois de la pensée dans lequel il décrit comment toute la logique peut être définie à partir d'un simple principe : le binaire.


Bourdon (Eugène) : (Paris, 1806- id.,1884) ingénieur et industriel français. Dès son plus jeune âge il montre des dispositions pour la mécanique. Son père, commerçant l'envoie parfaire sa connaissance de l'allemand à Nuremberg pendant 2 ans. A son retour il entre très vite dans une entreprise d'instruments d'optique mais très vite il va monter sa propre entreprise de machines à vapeur. A l'époque la pression est mesurée avec un baromètre à mercure ce qui manque de robustesse. C'est ainsi qu'il deviendra l'inventeur du manomètre métallique (vers 1849), et donc père de la quasi totalité des baromètres trônant dans les salles à manger françaises (et les autres!). Son entreprise fut florissante jusqu'à l'apparition des capteurs de pression électronique dans les années 1970. Revendue en 1973, elle fusionnera en 1988 avec le groupe SEDEME, puis en 2001 avec le groupe suisse Haenni.


Braun (Karl Ferdinand) : (Fulda, 1850- New York, 1918) physicien allemand (Prix Nobel 1909). Tout d’abord, il découvre, à 25 ans, l'effet redresseur des cristaux sur le courant électrique alternatif et les propriétés électriques de la galène (minéral constitué de sulfure de plomb). Puis en 1895, alors qu'il s'installe dans ses nouvelles fonctions de directeur de l'Institut de Physique de Strasbourg, il construit le premier oscillographe ou tube cathodique, précurseur de l’oscilloscope. Enfin, il décrit en 1897 le circuit oscillant, qui favorise l'émission et la réception d'ondes radio ayant une fréquence déterminée. Il fut aussi professeur d'université à Marburg, Karlsruhe et Tübingen. Fondateur de la compagnie qui porte toujours son nom (Hartmann & Braun).

A ne pas confondre avec son homonyme Wernher von Braun (Wirsitz,1912- Alexandria/Virg., 1977) créateurs de fusées (V2) puis de lanceurs spatiaux pour la NASA (en particulier la fusée Saturn V qui permit la première exploration sur la lune).


Bravais (Auguste) : (Annonay, 1811- Versailles,1863) polytechnicien français, ce physicien spécialiste des cristaux dont il imagina la structure réticulaire (réseaux de Bravais) fut d'abord officier de marine avant de devenir professeur à l'école polytechnique où ses premiers mémoires concernaient le mouvement propre du soleil dans l'espace. En 1848, Auguste Bravais présente une étude purement mathématique sur la classification des cristaux. Il y décrit l'ensemble des structures possédant des symétries d'orientation compatibles avec la triple périodicité des cristaux dans les trois directions de l'espace. Il trouve ainsi 32 classes de symétrie réparties en 14 types de réseaux (réseaux de Bravais) que l'on peut regrouper en 7 systèmes définissant la forme de la maille élémentaire.


Burroughs (William Seward) : (Rochester, 1857- 1898) comptable au service d'une banque, il a commencé à travailler à une machine qui allait devenir en 1885 la première vraie machine à additionner commercialisée. et fondera en 1886 une compagnie American Arithmometer Company à St. Louis, Missouri qui deviendra Burrroughs Corporation en 1953, compagnie progressivement devenue spécialisée dans les terminaux bancaires et récemment disparue par excès de croissance (Burroughs devenue Unisys en fusionnant avec Sperry en 1986). Notons que la première société vendit 284 machines (à 475 dollars l'une) au cours de l'année 1895 première année où elle fut bénéficiaire.En 1900 ce sont 972 machines qui sont vendues et en 1904 l'usine quitte St Louis pour Detroit. Elle emploie 1200 personnes pour environ 8000 machines de produites dans l'année.


Cailletet (Louis) : (Chatillon sur Seine, 1832- Paris,1913) physicien et industriel français,. Il s'intéressa d'abord à la métallurgie et aux propriétés du fer (en travaillant dans les forges de la Côte d'Or), puis il s'intéressa aux gaz et tout particulièrement à l'hydrogène (propriétés de diffusion). Mais on le connait surtout comme auteur de travaux sur la liquéfaction des gaz (vers 1877) en particulier de tous ceux alors considérés comme "permanents" tels l'azote, l'oxygène, l'acétylène. C'est le père de l'air liquide et de toutes les applications qui en découlent. Il entra à l'Académie des Sciences en 1884.


Cauchy (baron Augustin) : (Paris, 1789- Sceaux, 1857) mathématicien polytechnicien d'abord ingénieur des ponts et chaussées, il se consacre entièrement aux mathématiques à partir de 1813. Il fera l'essentiel de sa carrière à l'école polytechnique, puis à partir de 1848 à la faculté des sciences de Paris. Mais pour des raisons politiques il devra s'exiler à Turin de 1830 à 1838.

Spécialiste de l'analyse, il a laissé des méthodologies rigoureuses. Il est le créateur de la théorie des fonctions d'une variable complexe. On connait aussi l'intégrale de Cauchy. Il ne sut cependant pas reconnaître la valeur du travail d'Abel et de Galois dont il perdit les manuscrits.


Clapeyron (Emile) : (Paris, 1799- id.,1864) physicien parmi les fondateurs de la thermodynamique. Après des études à l'École Polytechnique (1815-18) puis à l'École des mines de Paris (1818-20) il part avec Gabriel Lamé pour Saint-Pétersbourg en 1820 pour y former les élèves de l'École des transports et construire des ponts suspendus.De retour en France vers 1830 il s'intéresse à la thermodynamique naissante. On lui doit en particulier la "redécouverte" du mémoire de Carnot concernant "la puissance motrice du feu" base de la thermodynamique (principe dit de Carnot).Il laisse son nom à une formule donnant la chaleur latente de changement d'état des corps purs ainsi qu'à un diagramme thermodynamique (pression, volume)


Clausius (Rudolf): (Köslin 1822- Bonn, 1888) physicien allemand (de Poméranie). Il introduisit la notion d'entropie en thermodynamique, vers 1850, et effectua divers travaux sur les pressions et chaleurs spécifiques des gaz (1857). On lui doit en particulier la relation liant les chaleurs spécifiques à pression et volume constants Cp/Cv=5/3. Il donna son nom à une unité d'entropie aujourd'hui abandonnée.


Coriolis (Gaspard-Gustave) : (Paris, 1792- id.,1841) ingénieur ancien élève de l'Ecole Polytechnique il commença sa carrière dans le corps des Ponts et Chaussées, puis dès 1829 devint enseignant en géométrie et mécanique à l'Ecole Centrale, puis en 1838 directeur des études à Polytechnique. Il s'est intéressé à la cinématique, en particulier concernant la composition des accélérations d'un mobile (en étudiant le trajet d'une boule de billard). L'effet Coriolis est exploité dans divers outils technologiques en particulier les débitmètres. Rappelons un des résultats amusants de l'effet Coriolis: Si vous laissez tomber un objet du haut de la tour Eiffel, bien qu'il tombe à la verticale il ne tombera pas exactement à l'aplomb du point où vous l'avez laché parce qu'entre l'instant où vous l'avez laché et son impact au sol la terre aura tourné d'une bonne centaine de mètres. On lui doit un ouvrage sur la cinématique Théorie mathématique des effets du jeu de billard, Paris, Carilian-Goeury, 1835.


Curie (Pierre et Marie) : lui (Paris,1859- id.,1906), elle (Varsovie, 1867- Paris, 1934). Après des études atypiques il étudie les cristaux et découve la piézo-électricité avec son frère Jacques. Il s'intéresse beaucoup au magnétisme des corps à diverses températures, il énonce la loi de Curie et définit le point de Curie, température au-delà de laquelle certains matériaux perdent leurs propriétés magnétiques. Elle découvrit la radioactivité du thorium, ensemble ils identifièrent le polonium (1898) et elle isola le radium (1910) ce qui leur valut 2 prix Nobel, l'un aux 2 en physique (1903), l'autre pour elle seule (1911) en chimie. Notons que Marie Curie est jusqu'à aujourd'hui la seule personne à avoir eu 2 prix Nobel scientifiques. A partir de 1911 elle devint la responsable de l'Institut du Radium créé spécialement pour lui permettre de continuer ses recherches sur la radioactivité (devenu depuis l'Institut Curie).

Dalton (John) : (Englesfield, 1766- Manchester, 1844) physico-chimiste anglais à l'origine de la théorie atomique, mais plus connu pour ses travaux sur les mélanges gazeux (loi de Dalton) ainsi que sur la vision des couleurs et sa découverte de l'anomalie qu'on appelle depuis le daltonisme. Après des débuts comme enseignant dans le Cumberland il s'installe à Manchester où il va surtout s'intéresser à la météorologie et c'est ainsi qu'il va démontrer que la pluie a pour cause une baisse de température, et non un changement de la pression atmosphérique. En étudiant les propriétés des mélanges gazeux il va arriver à déterminer les masses atomiques de nombre de corps simples qu'il va préciser dans un nouveau système de philosophie chimique, ouvrage qu'il publie en 1808 et qui jette les bases de la moderne classification périodique des éléments.


Daniell (John Frederic) : (London, 1790- id.,1845) physicien anglais. Après des études à l'Université d'Oxford il commença par travailler dans une sucrerie dont il améliora divers processus, puis à 23 ans devint professeur de physique à l'Université d'Edimbourg et memebre de la Royal Society. A partir de 1817 il cumula ses fonctions universitaires avec celles de manager de la compagnie Continental Gas. En 1820 il développa un hygromètre à point de rosée qui devint instrument de référence, puis quelques années plus tard il suivit les travaux de Faraday et s'intéressa à l'électrochimie et tout particulièrement au problème de l'instabilité de la pile de Volta et.réalisa une pile électrique à deux electrolytes (sulfate de cuivre et sulfate de zinc) intéressante pour sa stabilité (référence en labo) mais peu utilisable en pratique quoique devenue populaire dans les années 1850 (mais d'autres ont fait beaucoup mieux depuis).


De Morgan (Augustus) : (Madura/India, 1806- London, 1871) Fils d'un colonel de l'armée des Indes, il fréquenta le Trinity College de Cambridge de 1823 à 1826 mais abandonna car il n'aimait pas les examens. Il deviendra cependant professeur de mathématiques à l'University College de Londres en 1828. Cet anglais fut essentiellement un logicien qui fonda avec Boole la logique dite booléenne qui est à la base de maints composants électronique et in fine de l'informatique. On connait bien les relations dites de de Morgan, dont l'écossais Hamilton l'accusa d'ailleurs de l'avoir plagié.


Dewar (sir James) : (Kincardine on Forth, 1842- London, 1923) physicien écossais. Après des études à Edinburgh il s'intéresse à la spectroscopie atomique et moléculaire, domaine dans lequel il va travailler plus de 25 ans. En 1891 il découvre un procédé industriel de liquéfaction de l'oxygène. Spécialiste des basses températures, il fut le premier à liquéfier l'hydrogène. On lui doit le récipient à double paroi sous vide pour conserver les liquides cryogéniques communément appelé un dewar.


Diesel (Rudolf) : (Paris, 1858- en mer, 1913) ingénieur allemand de l'école polytechnique de Munich, travaillant à Paris comme ingénieur frigoriste il s'intéresse aux machines thermiques et finit par retourner à Berlin pour se consacrer à plein temps à sa passion. Il est le concepteur (vers 1893) et réalisateur (vers 1897) du premier moteur à combustion interne s'allumant par compression, ce moteur peut fonctionner à l'aide de fuel ou d'huiles végétales. Il convient de noter que Rudolf Diesel avait montré l'utilisation potentielle d'huiles végétales dont en ce début de 21ème siècle on reparle beaucoup. Précisons enfin que son invention avait un but social car elle était initialement destinée à parmettre aux artisans de rivaliser avec la grande industrie, et qu'il n'avait pas envisagé son application automobile.


Doppler (Christian) : (Salzburg,1803- Venise, 1853) physicien autrichien qui termina sa carrière à Vienne après quelques années fructueuses à Prague où il s'intéressa à l'optique et l'acoustique et tout particulièrement à la variation apparente de la hauteur du son (ou de la fréquence lumineuse) lorsque la source sonore(ou lumineuse) se déplace par rapport à l'observateur, ce qu'on appelle depuis l'effet Doppler (1842) dont les applications vont du radar autoroutier à l'investigation des dysfonctionnements des vaisseaux sanguins. Sa publication la plus célèbre a été présentée le 25 mai 1842 à l'Académie royale des sciences de Bohème et a pour titre Sur la lumière colorée des étoiles doubles et d'autres étoiles du ciel, utilisant l'effet Doppler. Pour la petite histoire précisons que si son raisonnement était juste, ses calculs étaient erronés dans cette publication.


Ducretet (Eugène) : (Paris, 1844- id.,1915) industriel français. Il commença par créer une maison d'instruments scientifiques pour l'enseignement, puis conçut aussi des instruments de mesure pour l'industrie et enfin grâce à ses relations avec Branly (cohéreur) et Popov (antenne) il réalisa le premier dispositif de TSF de conception industrielle (vers 1897). Le 5 novembre 1898, Ducretet aidé de l'ingénieur Roger, fait une démonstration officielle, la première en milieu urbain, entre le 3ème étage de la Tour Eiffel et la grande galerie du Panthéon avec inscription automatique des signaux sur une bande d'enregistreur de type Morse. Mais ce n'est qu'après 1910 que l'Etat et les financiers comprendront l'intérêt de la TSF. Entre temps Marconi avait développé la première station de radio sur l'ile de Whight et réussi une transmission à travers la Manche entre Douvres et Wimereux (1899).


Dulong (Pierre Louis) : (Rouen, 1785- Paris,1838) physicien entré à l'École polytechnique à seize ans, Pierre Louis Dulong est l'élève des chimistes Berthollet et Thenard. Il est ensuite professeur à la faculté des sciences de Paris ainsi qu'à l'École polytechnique, qu'il dirige à partir de 1830. Il est l'auteur de recherches sur la dilatation et les chaleurs spécifiques des corps simples. Il montra que la chaleur spécifique des corps varie est en raison inverse du poids de leurs atomes.On lui doit aussi la loi, dite de Dulong et Petit, précisant qu'à haute température la chaleur spécifique par mole vaut 6 calories par degré pour tous les solides. Il s'intéressa aussi aux indices de réfraction des gaz.


Dunlop (John Boyd) : (Dreghorn,1840- Dublin, 1921) ingénieur et ...vétérinaire écossais. Tandis que Goodyear avait déposé un brevet sur la vulcanisation du caoutchouc dès 1839 il réalisa le premier pneumatique gonflé à l'air en 1887 pour le vélo de son fils, mais ce sont les frères Michelin qui imaginèrent en 1891 le pneumatique avec chambre à air. Il n'empêche que l'invention de Dunlop tombait à point et bien entendu il fonda la compagnie qui porte son nom mais la revendit aussitôt sans bénéficier de son énorme développement ultérieur.


Eastman (George) : (Waterville/NY, 1854- Rochester, 1932) Issu d'une famille pauvre et considéré comme "peu doué" il ne fit pas d'études supérieures et travailla très tôt pour subvenir aux besoins de sa mère, veuve, et de ses deux jeunes soeurs. D'abord coursier puis agent d'assurances, puis employé de banque. A 24 ans il envisagea des vacances à St Domingue et c'est alors qu'il découvrit la photographie et sa lourdeur. Il chercha alors à perfectionner les plaques photographiques (vers 1880), puis imagina un appareil photo portable qu'il nomma Kodak en 1888 et inventa le film photographique sur support transparent en 1889. Il dénomma Eastman Kodak (1892) sa compagnie dont le siège est toujours à Rochester.

Précisons que George Eastman fut dès 1924 un très important mécène de l'Université de Rochester et du MIT auxquels il consacra la moitié de sa fortune.


Edison (Thomas) : (Milan/Ohio, 1847-New Jersey, 1931) multi-inventeur américain qui créa le télégraphe duplex, le phonographe en 1878 (imaginé l'année précédente par le français Charles Cros), la lampe à incandescence, le microtéléphone qui permit l'emploi pratique du téléphone de Bell (1877), il découvrit en outre l'émission thermoélectronique (1883), mais cela avait déjà été étudié par Hittorf en 1869. Fondateur de General Electric, un des premiers empires industriels mondiaux, pionnier de l'électricité, diffuseur de technologies d'avant garde, il n'hésitait pas à s'attribuer des inventions dont il n'était pas l'auteur.


Ewing (sir James Alfred) : (Dundee,1855- Cambridge, 1935) fils d'un pasteur, il étudia à l'université d' Edinburgh et très vite devint professeur d'ingénierie mécanique à l'université de Tokyo. C'est alors qu'en étudiant les tremblements de terre il développe un nouveau type de sismomètre.Ce physicien écossais découvrit ausii le phénomène d'hystérésis magnétique. Il rentre alors à Dundee et découvre avec horreur que les conditions de travail des classes défavorisées sont pires qu'au Japon. En 1890 il est nommé professeur de mécanique et mécanique appliquée à Cambridge poste qu'il conservera jusqu'en 1893. C'est alors qu'il travaille avec Parsons sur les turbines à vapeur et qu'il publie The Steam Engine and other Heat Engines. En 1903 il prend la direction de l'école navale de Greenwich et en 1916 il reviendra à Edinbourg comme vice-chancelier de l'université.


Faraday (Michael) : (Newington, 1791- Hampton Court, 1867) Issu d'un milieu modeste, il commença par apprendre la reliure, puis découvrit la science. En 1812, un membre de la Royal Institution, client de son patron, le remarque et lui permet de suivre les cours du chimiste et physicien Humphry Davy. Celui-ci se prend vite d'affection pour le jeune Faraday et l'engage dès 1813 comme assistant scientifique. C'est ainsi qu'il devint ce physicien anglais qui théorisa l'influence électrostatique, étudia l'électrolyse et découvrit l'induction électromagnétique, en 1831, et le benzène. Il passa aussi beaucoup de temps à liquéfier presque tous les gaz. On retient de lui surtout les lois de l'électrolyse et l'unité de capacité, le Farad, mais on oublie souvent qu'il est à l'origine du moteur électrique et de la dynamo..


Fizeau (Hippolyte) : (Paris, 1819- Nanteuil, 1896) ce physicien, qui se lia d'amitié avec Foucault, fut le premier mettre en évidence le spectre infrarouge, puis à mesurer directement la vitesse de la lumière (vers 1849) sur une distance de 8km entre Montmartre et Suresnes et à élargir le champ d'application de l'effet Doppler aux ondes lumineuses. Il sera nommé professeur à l'école polytechnique en 1863 et élu à l'Académie des Sciences en 1878.


Forest (Fernand) : (Clermont-Ferrand, 1851- Monaco,1914) inventeur du moteur à essence à allumage électrique et cycle à quatre temps (1881). Un brevet qui a rapporté peu à son auteur...et pourtant!

Il commença par apprendre la mécanique chez un forgeron avant de s'intéresser à la bicyclette puis en 1880 il réalise la première magnéto d’allumage basse tension pour Nikolaus Otto (1832-1891), puis en bricolant un moteur à gaz il en fait un moteur à pétrole qu'il va ensuite améliorer en le dotant de 2 puis de 4 cylindres, ensuite de 1885 à 1888 il dote ses moteurs de systèmes de refroidissement d'abord à air puis à eau pour finalement aboutir au moteur à essence à allumage électrique et cycle à 4 temps tel qu'on le connait encore aujourd'hui.Il tentera ensuite la construction d'un moteur rotatif mais devra renoncer faute de matériaux usinables adéquats. Son dernier brevet concerne les boites de vitesse automatiques. Il fut aussi l'un des organisateurs du premier concours Lépine.


Foucault (Léon) : (Paris, 1819- id, 1868) mécanicien qui inventa le gyroscope, célèbre en 1851 pour son gigantesque pendule qui permet d'identifier la rotation de la terre (visible au Musée des Arts et Métiers rue St Martin à Paris), lui aussi détermina la vitesse de la lumière dans divers milieux et découvrit les courants induits dans les masses métalliques. On sait moins de lui qu'il fut l'un des premiers journaliste scientifique puisque dès 1845 et jusqu'à sa mort il rédigea un véritable feuilleton scientifique pour le Journal des Débats.


Fourier (baron Joseph) : (Auxerre, 1768- Paris, 1830) mathématicien qui découvrit ce qu'on appelle dorénavant les séries de Fourier, c'est à dire la décomposition en séries trigonométriques de tout signal périodique dont l'importance est aujourd'hui considérable. Il s'intéressa aussi beaucoup à la propagation de la chaleur dans les solides (théorie analytique de la chaleur, 1812). Il fut l'un des premiers professeurs de l'Ecole Polytechnique, puis participa à l'aventure égyptienne de Bonaparte, avant de devenir préfet de l'Isère en 1802 (ce qui lui vaut aujourd'hui de prêter son nom à l'université scientifique de Grenoble), puis de se consacrer uniquement à la science après avoir été élu à l'Académie (1817).

A ne pas confondre avec son contemporain le philosophe Charles Fourier, utopiste fondateur des phalanstères.


Fourneyron (Benoit) : (St Etienne, 1802- Paris, 1867) ingénieur et industriel français. Sorti major en 1819 de l'école des Mineurs de St Etienne (devenue depuis l'Ecole Nationale Supérieure des Mines) il va d'abord, en travaillant pour 2 de ses anciens professeurs, contribuer à la création d'industries métallurgiques en France en s'inspirant des techniques développées en Angleterre, puis étudier la faisabilité d'un premier projet de chemin de fer local à St Etienne. Il s'intéressera aussi au tissage.

Dès 1827 il propose une turbine hydraulique, inspirée des travaux de son ancien professeur Claude Burdin, qu'il brevetera en 1832 et dont l'emploi va se généraliser dans le monde entier très rapidement. En 1835, il imagine la conduite forcée qui sera un élément essentiel, avec la turbine, de la production d'électricité pendant de nombreuses années. Après avoir installé des turbines en divers endroits d'Europe, il montera sa propre fonderie en 1850 pour exploiter son invention.
Féru des idées de Saint-Simon il lèguera, à sa mort, une grande partie de sa fortune à des pauvres.


Fraunhofer (Joseph von) : (Strauling, 1787- Munich, 1826) physicien bavarois. Orphelin à 11 ans il commença à travailler chez un maître verrier et c'est à la suite d'un accident que le prince Maximilien Joseph entre dans sa vie et lui fournit des livres pour étudier. Il entre alors à l'institut d'optique du monastère bénédictin de Bavière dont il deviendra le directeur et où il découvre comment faire des verres spéciaux pour l'optique. Il développe alors des méthodes de mesure de la dispersion. Il étudia les raies du spectre solaire grâce au spectroscope qu'il avait inventé. Son nom est célèbre en Allemagne car c'est celui de tous les Fraunhofer Institute qui jouent, outre-Rhin, le même rôle que les laboratoires propres du CNRS en France.


Galois (Evariste) : (Bourg la Reine, 1811- Paris, 1832) mathématicien français dont les travaux, écrits en une seule nuit, comptent parmi les plus féconds en ce qui concerne la résolution des équations algébriques à partir des groupes de permutations de leurs racines et qui sont considérés comme un ingrédient important dans le point de vue structural des mathématiques modernes. Il a aussi contribué à l'élaboration des « corps de Galois », autre nom des corps finis, qui jouent par exemple un rôle essentiel en cryptographie.. Il généralisa les découvertes d'Abel, décédé lui aussi très jeune 3 ans plus tôt.


Gauss (Carl Friedrich) : (Brunswick, 1777- Göttingen, 1855) ce fut un enfant prodige dont le goût pour les mathématiques s'affirma très tôt, mais son père voulait qu'il soit maçon comme lui. heureusement le Duc de Brunswick lui accorda une bourse pour continuer ses études de mathématiques jusqu'à sa thèse (à Göttingen) en 1999. A partir de 1800 il s'attaqua à l'astronomie et en 1807 il devint directeur de l'observatoire de Göttingen. Il coopéra aussi avec Weber pour réaliser un télégraphe électromagnétique. En résumé ce savant pluridisciplinaire allemand nous laisse des écrits sur la mécanique céleste, les erreurs, le magnétisme, l'électromagnétisme et même l'optique. Il découvrit la géométrie non euclidienne hyperbolique.


Gay-Lussac (Louis Joseph) : (St Léonard de Noblat, 1778- Paris, 1850) physico-chimiste français découvrit la dilatation des gaz, étudia le magnétisme terrestre (en ballon : il monte à 7 000 mètres), et fit diverses découvertes en chimie (le bore, la nature de l'iode, la synthèse du cyanogène). En 1797, il est reçu à l'Ecole polytechnique, et en sort en 1800 pour entrer à l'Ecole des Ponts et Chaussées. Mais, peu intéressé par le métier d'ingénieur, il passe plus de temps à Polytechnique pour assister Berthollet qui professait la chimie. Titularisé en 1804, Gay-Lussac y enseignera jusqu'en 1840, date à laquelle il devient administrateur de la Compagnie Saint Gobain, puis président (1843).


Gramme (Zénobe) : (Jehay-Bodegnée près de Liège, 1826- Bois-Colombes,1901) inventeur belge qui s'intéressa beaucoup à l'électrotechnique. On lui doit deux innovations essentielles, le collecteur tournant (1869) base de toutes les machines électriques et la dynamo (1871). Dès son enfance il est très attiré par le travail manuel et surtout la menuiserie et viendra s'installer à Paris comme ébéniste-modeleur dans une société de construction d'appareils électriques où il réalisera ses innovations majeures avant de créer sa propre entreprise en 1871.


Gray (Elisha) : (Barnesville,Ohio, 1835-Newtonville,Ma, 1901) inventeur américain, l'un des pères du téléphone. On lui doit aussi le code Gray. Né dans une ferme de l'Ohio, il travaillera d'abord comme forgeron et charpentier de marine avant de créer l'entreprise qui deviendra la Western Electric et où il fait des recherches sur le télégraphe et dépose simultanément à Bell un brevet sur le téléphone qui sera refusé pour cause d'antériorité de quelques heures à Bell après de nombreux procès. Il finira professeur d'électricité à l'Oberlin College.


Hamilton (sir William Rowan) : (Dublin, 1805-Dunsink, 1865) mathématicien irlandais créateur de la théorie des quaternions (1853). On connait surtout l'hamiltonien. Dès 1823 il entrait au collège de Dublin (le célèbre Imperial College) , après avoir présenté un premier mémoire intitulé "sur les contacts des courbes et des surfaces algébriques", et dès 22 ans il en était titulaire de la chaire d'astronomie. Le théorème (ou principe) d'Hamilton servit de point de départ à Jacobi pour ses travaux sur la dynamique. Il contribua aussi au développement de l'optique, de la dynamique et de l'algèbre et ses travaux sont exploités dans la mécanique quantique.


Helmholtz (Hermann von) : (Potsdam, 1821- Charlottenburg, 1894) physicien allemand mais aussi physiologiste, connu pour sa bobine, il a par ailleurs découvert les harmoniques dans les sons et mesuré la vitesse de l'influx nerveux. C'est lui qui a introduit la notion d'énergie potentielle et de conservation de l'énergie. Dans un premier temps il occupera divers postes de professeur de physiologie et même d'anatomie (Königsberg, Bonn, Heidelberg), il écrira d'ailleurs un Handbuch der Physiologischen Optik, puis en 1871 il devient professeur de physique à l'Université de Berlin après s'être intéressé aux orages et aux tempêtes et être de facto devenu un précurseur de la météorologie.


Hermite (Charles) : (Dieuze, 1822- Paris, 1901) célèbre mathématicien français. Entré à l’Ecole Polytechnique à 20 ans, Hermite en devient professeur ainsi que de la faculté des sciences (1871-1898), et membre de l’Académie des Sciences. Spécialiste de l'analyse, il démontra la transcendance du nombre e (1873). Ses abondants travaux portent sur la résolution de l’équation du cinquième degré, la théorie des nombres, la fonction exponentielle… On lui doit les espaces hermitiens et une théorie générale sur les fonctions elliptiques et abéliennes. Il fut l'un des premiers à utiliser les matrices.


Hertz(Heinrich) : (Hamburg, 1857- Bonn, 1894) physicien allemand. Hertz fit sa thèse de doctorat sous la direction de Hermann von Helmholtz. Hertz mit en évidence en 1888, alors qu'il est professeur à la Technische Hochschule de Karlsruhe, l'existence des ondes électromagnétiques, ondes dites hertziennes imaginées par James Maxwell en 1873, et il découvrit aussi l'effet photoélectrique (1887). Notons qu'il n'imaginait pas du tout les applications potentielles des ondes hertziennes.


Hertz (Gustav) : (Hamburg, 1887- Berlin, 1975) autre physicien hambourgeois, obtint le prix Nobel en compagnie de J. Franck, en 1925, pour sa théorie de l'émission lumineuse (suite à ses travaux à Berlin sur les collisions inélastiques des électrons entre 1911 et 1914). Il fera ses études successivement à Göttingen, Munich et Berlin. En 1925 il est élu directeur de l'Institut de Physique de Halle, puis en 1928 à Berlin. En 1935 il démissionne et entre chez Siemens, puis de 1945 à 1954 il travaillera en Union Soviétique tout en étant directeur de l'Institut de Physique de Leipzig. Sa thèse concernait l'absorption du CO2 dans l'infrarouge en fonction de la pression. Il étudia ensuite le potentiel d'ionisation de certains gaz et valida ensuite la théorie atomique de Bohr via d'autres mesures spectrales


Hittorf (Wilhelm) : (Bonn, 1824- Münster, 1914) physicien allemand, après des études à Bonn il devient professeur à Münster. Il s'intéressa d'abord aux propriétés allotropiques du phosphore et du selenium, puis aux mouvements des ions lors de l'électrolyse, puis il étudia divers phénomènes électriques dans les tubes sous vide et découvrit les rayons cathodiques (1869) et observa leur déviation par les champs magnétiques.


Hollerith (Hermann) : (Buffalo, 1860- Washington, 1929) statisticien américain, c'est lui qui à l'occasion d'un recensement, inventa les cartes perforées et la première machine les exploitant vers 1880 et donna naissance à une petite compagnie la Tabulating Machine Corporation en 1896 qui deviendra IBM

Hughes (David) : (London, 1831- id., 1900) ingénieur américain, c'était aussi un excellent musicien et il s'intéressa aux communications et inventa le microphone (1877) mais aussi une machine télégraphique qui deviendra vite un standard international, et laissa son nom à une compagnie américaine importante dans le domaine aéronautique et les technologies de pointe.


Jacobi (Carl) : (Potsdam, 1804- Berlin, 1851) l'un des plus grands mathématiciens allemands. Après des études à Berlin il passe une thèse sur la théorie des fractions et devient professeur de mathématiques à l'université de Königsberg. Il fut le spécialiste des fonctions elliptiques, des équations différentielles et des dérivées partielles. Les étudiants connaissent bien le jacobien.


Joule (James Prescott) : (Salford, 1818- Sole, 1889) physicien anglais. Joule a étudié la nature de la chaleur, et découvert sa relation avec le travail mécanique. Cela l'a conduit à la théorie de la conservation de l'énergie (la première loi de la thermodynamique). Il a travaillé avec Lord Kelvin pour développer l'échelle absolue de température. Il a fait des observations sur la magnétostriction, et trouva une relation entre le courant électrique traversant un conducteur et la chaleur dissipée, appelée actuellement la loi de Joule qu'il formule en 1841.

Ensuite il calcula l'équivalent mécanique de la calorie, puis s'intéressa aux gaz (lois sur la détente adiabatique).


Kerr (John) : (Ardrossan, 1824- Glasgow, 1907) physicien écossais qui découvrit la biréfringence des isolants électrisés, dont aujourd'hui des applications très prometteuses sont en cours d'élaboration dans les labos d'optique. L'effet Kerr est une biréfringence créée dans un matériau par un champ électrique extérieur. Cela se caractérise par l'existence de deux indices de réfraction différents : un rayon lumineux est séparé en deux rayons lorsqu'il entre dans ce matériau. La biréfringence créée, varie selon le carré du champ électrique appliqué, c.-à-d. selon son intensité, d'où les applications potentielles.


Kirchhoff (Gustav) : (Königsberg, 1824- Berlin, 1887) célèbre physicien allemand qui inventa l'analyse spectrale avec le chimiste Bunsen (père du brûleur dit bec Bunsen), mais retenu dans l'histoire pour son analyse des courants dérivés en électricité (lois de Kirchhoff).

Après un doctorat de physique obtenu en 1847 à l'Université de Königsberg et pendant lequel il va formuler ses fameuses lois des noeuds et des mailles pour déterminer les courants électriques dérivés, il va enseigner à Breslau de 1850 à 1854, puis à Heidelberg et enfin à l'Université de Berlin de 1875 à 1886.

C'est surtout en tant que fondateur, avec Robert Bunsen, de la spectroscopie qu'il a apporté sa plus grande contribution à la science vers 1860 à Heidelberg en créant un spectroscope, puis en établissant les lois fondamentales de l'émission d'un corps incandescent (notion de spectre continu et de raies discrètes typiques du corps). Accessoirement il inventera aussi la notion de corps noir dont Planck fera un tremplin pour la mécanique quantique.


Kundt (August) : (Schwerin, 1839- Lübeck,1894) physicien allemand, son apport concerne l'analyse des ondes sonores dans l'air (le tube de Kundt permet de matérialiser les ondes sonores stationnaires), c'est dire combien son travail fut important (pour la Hi Fi...) mais à l'époque pas reconnu comme tel (les Beach Boys n'étaient pas nés!).

Il fit ses études à l'université de Leipzig, imagina son célèbre tube en 1866 et devint professeur au polytechnikum de Zurich en 1868, puis à Wurzburg en 1870, tandis qu'en 1872 il s'occupa de la construction de l'institut de Physique de Strasbourg où il vérifia l'unicité atomique de la vapeur de mercure (1876). En 1888 il rejoint l'université de Berlin sous la direction de Helmholtz. Notons qu'il aura un certain Röntgen parmi ses élèves, lequel deviendra d'ailleurs son assistant.


Leclanché (Georges) : (Paris, 1839- id.,1882) ingénieur centralien qui travailla dans les chemins de fer de l'Est d'abord sur des problèmes de transmission électrique de l'heure. En effet en 1860 d'une part tout le monde n'avait pas de montre et d'autre part on ne disposait pas de l'horloge parlante pour ajuster les montres, hors le respect des horaires a toujours été une préoccupation des compagnies de chemin de fer, d'où la présence d'une pendule visible de loin sur chaque gare et la nécessité d'avoir la même heure partout. C'est parce que les piles n'étaient pas fiables qu'il inventa dans son atelier personnel un nouveau type de pile électrique qui porte évidemment son nom et dont sont issues nos modernes piles.


Lenz (Heinrich) : (Dorpar, 1804- Rome, 1865) physicien balte . Il est professeur puis recteur à l'Université de St.-Petersbourg où il refait les expériences de Faraday. Son nom est resté attaché à la loi sur l'interaction courant électrique - champ magnétique : les courants induits (loi de Lenz).

Il observe en 1833 l'augmentation de la résistance des métaux avec la température et étudie l'effet Peltier.


Lorentz (Hendrik Antoon) : (Arnhem, 1853- Haarlem, 1928) néerlandais. Il fit ses études à Leyden, puis enseigna à Arnhem avant de devenir professeur à Leyden où il fit toute sa carrière. Il obtint un Nobel de physique en 1902 (avec Zeeman) pour sa théorie électronique de la matière très proche de ce qu'on enseigne aujourd'hui. La majorité de ses travaux portèrent sur l'électromagnétisme. Il a laissé son nom aux transformations de Lorentz qui sont à la base de la théorie de la relativité restreinte. Elles ont été présentées par Lorentz dans le but d'expliquer les résultats de l'expérience de Michelson-Morley.

A ne pas confondre avec son contemporain le physicien danois Lorenz qui travailla aussi sur l'électromagnétisme et la lumière.


Loschmidt (Joseph) : (Putschirm, 1821- Wien, 1895) physicien autrichien dont l'apport essentiel a consisté à évaluer le nombre d'atomes présents dans un fragment de matière (et donc confirmer la théorie d'Avogadro...) vers 1865.


Miller (William Hallowes) : (Velindre-GB, 1801- Cambridge,1880) minéralogiste et cristallographe. Il fit ses études au St. John’s College de Cambridge où il obtint son diplôme en 1826.

Il resta à Cambridge où il occupa un poste de professeur de minéralogie de 1832 à 1870. Il publia divers ouvrages sur les cristaux, dont Sur la position des axes de l'élasticité optique dans les cristaux, mais le plus important Crystallography fut publié à Cambridge en 1838. Il est évidemment connu aujourd'hui pour avoir défini ce qu'on appelle les indices de Miller caractérisant les plans réticulaires d'un cristal. Notons qu'il aida beaucoup Darwin par ses connaissances en cristallographie, lors de l'exploitation des minéraux rapportés de ses expéditions.

 


Möbius (August Ferdinand) : (Schulpforta, 1790- Leipzig, 1868) astronome et mathématicien allemand, Après des études mathématiques à Leipzig il rejoint Gauss à Göttingen sous la direction duquel il étudie l'astronomie. Son premier poste à Leipzig sera d'ailleurs en astronomie, il développa le calcul vectoriel, mais sa célébrité provient surtout du ruban de Möbius qu'il imagina en 1858, surface à un seul côté qu'il présenta dans un mémoire à l'Académie des Sciences qui ne fut découvert qu'après sa mort.


MollierRichard : (Trieste,1863- Dresde,1935) savant allemand qui fit ses études à Gratz, professeur à Göttingen puis à la Hochschule de Dresde il passa une vingtaine d'années à établir le diagramme qui porte son nom (et que les anglo-saxons appellent Psychrometric Chart) et définit la relation entre la tension de vapeur d'eau de l'air (ou humidité relative) et la température. Précisons que malgré les moyens rudimentaires dont il disposait, on n'a pas fait mieux depuis.


Morse (Samuel Finlay) : (Charlestown, 1791- Poughkeepsie NY, 1872) savant américain initialement peintre de renom, fondateur de l'académie nationale de dessin en 1824. C'est après son second voyage en Europe, en 1832, qu'il conçut l'idée du télégraphe electro-magnétique dont il présenta la première réalisation effective à l'université de New York, puis au Congrès américain, en 1837. Le succès fut alors mitigé et il n'eut guère plus d'encouragements en Europe. Ce n'est guère qu'en 1844 que le gouvernement américain lui accorda un financement pour mener une expérience à grande échelle, entre Baltimore et Washington. Mais c'est finalement en Europe vers 1856 en Autriche, Suisse et en Prusse que l'administration exploita en premier ce mode de communication. Les autres Etats suivirent dans les années suivantes et curieusement Morse repartit aux Etats-Unis où il reprit la peinture sur les bords de l'Hudson.


Oersted (Christian) :(Rudkoebing, 1777- Copenhague,1851) physicien danois auquel on doit la découverte du champ magnétique créé par un courant électrique (1819).Fils d'un apothicaire, intéressé dès son plus jeune âge par la chimie et l'histoire naturelle, il devient pharmacien en 1797 alors qu'il venait d'avoir ses vingt ans. Trois ans plus tard, il obtint un diplôme de médecine mais sa passion pour la chimie et son intérêt grandissant pour la philosophie de la nature, le firent s'intéresser aux travaux de Ritter sur le galvanisme. C'est Ampère qui le premier comprit l'intérêt de la découverte et en tira la théorie qui allait permettre l'émergence de l'électromagnétisme ce qui contribua à la reconnaissance d'Ørsted, aussi bien dans la communauté scientifique que parmi ses concitoyens.


Ohm (Georg) : (Erlangen, 1789- Munich, 1854) physicien bavarois fils d'un serrurier qui fera ses études à Erlangen. Après quelques années de professorat dans des collèges ou lycées il décide de se consacrer à la recherche en 1825. Il est aujourd'hui universellement connu pour sa découverte des lois fondamentales de l'électricité (loi d'Ohm V=RI) vers 1827, mais à l'époque il ne fut pas reconnu et ce n'est que vers 1840 qu'en Angleterre on commence à s'intéresser à ses travaux ce qui lui permettra d'obtenir la chaire de physique de l'université de Munich en 1852.


Peltier (Jean Charles) : (Ham, 1785- Paris, 1845) physicien français, après avoir abandonné sa profession d'horloger vers 1815 il se consacre à la recherche. Il découvrit l'effet calorifique du courant électrique au passage d'un matériau métallique dans un autre (effet Peltier : dégagement ou absorption de chaleur proportionnel à l'intensité du courant) dont l'application la plus importante est, aujourd'hui, la réalisation de microréfrigérateurs à l'état solide (module Peltier) exploitants cet effet mais avec des jonctions semiconductrices de plus grande efficacité. Notons qu'il publia sur bien d'autres sujets tels la polarisation de la lumière, l'électricité atmosphérique ou la cyanométrie...

Planté (Gaston) : (Orthez, 1834- 1889) physicien français constructeur de l'accumulateur au plomb (1859) ancêtre des accumulateurs de nos voitures actuelles. Il fit toute sa carrière à Paris où il commença comme assistant de physique au Conservatoire des Arts et Métiers, puis comme professeur à l'Association Polytechnique pour le Développement de l'Instruction populaire (Association créée après 1848 par des membres de l'École Polytechnique et animée par Auguste Comte). En 1859, il s'intéresse au stockage de l'électricité. Son premier modèle d'accumulateur électrique était composé de 2 feuilles de plomb séparées par un tissu et enroulées en spirale, immergées dans une solution d'acide sulfurique à 10%. L'année suivante il présente à l'Académie des Sciences une vraie batterie de 9 éléments, qui ne sera développée industriellement que 20 ans plus tard.


Poiseuille (Jean-Louis) : (Paris, 1799- id.,1869) fils d'un charpentier, ce polytechnicien et médecin parisien s'intéressa aux écoulements laminaires de fluides visqueux dans des tubes de section constante dont il énonça les lois principales dans son ouvrage le mouvement des liquides dans les tubes de petits diamètres, applicables aussi bien pour des écoulements d'air que de liquide en particulier sanguin dans les veines et artères (ce qu'il avait étudié en temps que médecin physiologiste), mais c'est généralisable à tout fluide incompressible. Son nom a évidemment été donné à une unité de viscosité dynamique, la poise.


Poisson (Denis) : (Pithiviers, 1781- Paris, 1840) Après avoir renoncé à une carrière médicale, Poisson étudie à l'Ecole Centrale de Fontainebleau, puis il réussit (en première position!) le concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique en 1798 où il accèdera rapidement au statut de professeur .mathématicien, il travailla sur divers domaines de la mécanique, à l'analyse mathématique, la mécanique céleste, et surtout les probabilités.Il écrivit en 1837 un important mémoire, Recherches sur la probabilité des jugements en matières criminelles et matière civile, dans lequel apparait la distribution qui porte désormais son nom (la distribution de Poisson décrit la probabilité qu'un événement ait lieu durant un intervalle de temps donné, pourvu que la probabilité de réalisation d'un événement soit très faible, mais que le nombre d'essais soit très grand).


Rankine (William) : (Edinburgh, 1830- Glasgow, 1872) ingénieur écossais, l'un des fondateurs avec Clausius et Thomson (lord Kelvin) de la thermodynamique. Il développa une théorie complète du moteur à vapeur (cycle de Rankine) et écrivit un manuel pratique d'engineering longtemps utilisé bien après sa mort. On lui doit la distinction entre énergie cinétique et énergie potentielle.


Rayleigh (John William Stutt, Lord) : (Langford Grove, 1842- Witham, 1919) physicien anglais, l'un des rares nobles rendu célèbre par ses travaux scientifiques il fit ses études au Trinity College de Cambridge où il fut chercheur avant de poursuivre au Cavendish Laboratory en 1879. Il travailla sur de nombreux domaines et, tout particulièrement en optique, étudia la diffusion de la lumière. Etudiant la densité des gaz, il découvrit l'argon (prix Nobel 1904), calcula la valeur du nombre d'Avogadro, et mena de nombreuses recherches en spectroscopie. Il sera aussi chancelier de l'université de Cambridge.


Regnault (Victor) : (Aachen, 1810- Paris, 1878) physicien français, fils d'un ingénieur géographe, ses travaux portent surtout sur les changements d'états, la compressibilité et la dilatation des fluides, les chaleurs spécifiques, il construisit le premier capteur d'humidité : le psychromètre. Il se consacre essentiellement à l'expérimentation qu'il mène avec beaucoup de rigueur, notamment dans la mesure du quotient respiratoire avec Reiset. Il succèdera à Gay-Lussac comme professeur de chimie à l'École polytechnique et entrera à l'Académie des sciences (1840). Professeur de physique au Collège de France (1841).


Reynolds (Osborne) : (Belfast, 1842- Watchet/Somerset, 1912) ingénieur-physicien irlandais. Fils d'un pasteur anglican,principal de collège, il fréquente les mêmes cours que Rayleigh à Cambridge et après un court passage dans une société de génie civil devient directeur d'un collège de Belfast, puis enseigne à Manchester. Ses premiers travaux concernent le magnétisme et l'électricité, mais il se concentre bientôt sur l'hydraulique et l'hydrodynamique. Il étudia tout particulièrement les écoulements visqueux (nombre de Reynolds) et s'intéressa à la théorie de la lubrification.


Riemann (Bernhardt) : (Breselenz/Hannover, 1826- Selasca/Italie, 1866) mathématicien allemand fondateur des bases de la topologie mais aussi responsable d'avancées considérables en géométrie non euclidienne et dans les fonctions de variables complexes.En 1851, Riemann développa d'un point de vue purement théorique cette nouvelle géométrie à plus grandes dimensions et démontra que les géométries non euclidiennes pouvaient représenter des surfaces courbes. Il s’attaqua à la géométrie de position, également appelée la topologie par les mathématiciens, dans laquelle les axiomes ne tiennent compte que de la position des éléments, en excluant leurs grandeurs. C'est l'une des parties les plus complexes des mathématiques dont l'anneau de Möbius et le tore constituent les principaux sous-produits. Il posa mathématiquement le principe des systèmes de coordonnées relatifs les uns par rapport aux autres. Il cherchait une réponse à la question comment déterminer la distance et la vitesse dans un référentiel relativement à un autre ? Cette notion de référentiel était capitale et demeure l'un des principes fondamentaux de la théorie de la relativité, mais à l'époque.personne ne le suivit et son génie n'aboutit pas à une théorie gravitationnelle du champ.


Röntgen (Wilhelm Conrad) : (Lennep, 1845- Munich, 1923) physicien allemand. Après un bref passage à Utrecht, il a étudié à l'école polytechnique fédérale de Zurich, et est devenu professeur de physique à Strasbourg (1876-1879), à Giessen (1879-1888), Würzburg (1888-1900), et à Munich (1900-1920). Le premier article de Röntgen, publié en 1870, concerne la chaleur spécifique des gaz. Il va ensuite s'intéresser à la conductivité thermique des cristaux. Il étudie d'autres champs de la physique, tel que les propriétés électriques et autres caractéristiques des cristaux, Et c'est ainsi qu'en étudiant le phénomène du passage d'un courant électrique à travers un gaz sous basse pression il va observer que lors de la décharge d'un tube scellé, dans une chambre noire, un carton couvert d'un côté de platino-cyanure de baryum devient fluorescent lorsqu'il est frappé par les rayons émis du tube. Il fait alors diverses expérimentations en plaçant divers objets entre la plaque émettrice et une plaque photographique et constate la transparence variable de ces objets à ces rayons inconnus qu'il va appeller rayons X. La découverte des rayons X lui valut un prix Nobel en 1901 et son nom comme support d'une unité de mesure d'exposition. Notons que c'est Von Laue qui expliquera ultérieurement la nature électromagnétique de ces rayons X.


Seebeck (Thomas Johann) : (Reval aujourd'hui Talinn/Estonie, 1770- Berlin, 1831) physicien allemand né dans une famille de marchands. Diplômé de médecine en 1802 à l'université de Göttingen, il préfère se consacrer à l'étude de la physique. En 1821, il découvre l'effet Seebeck : une différence de potentiel apparaît à la jonction de deux matériaux lorsqu'ils sont soumis à un gradient de température (c'est du moins ce qu'il croit à l'époque). Cet effet est à la base de la génération d'électricité par effet thermoélectrique et de la mesure de température par thermocouples. Notons que c'est bien longtemps après que les thermocouples soient utilisés industriellement que l'explication correcte de l'effet Seebeck a été publiée (cf sur ce site thermoélectricité)


Sholes (Christofer Latham) : (Mooresburg/Pennsylvanie, 1819- Milwaukee, 1890) Après avoir été apprenti chez un imprimeur il deviendra editeur dans diverses publications du Milwaukee et politicien. Il fut le co-invententeur américain de la machine à écrire en 1867, puis ultérieurement du clavier QWERTY dont il vendit le brevet à la compagnie Remington. Ses deux comparses, Samuel Soule et Carlos Glidden sont moins connus. Précisons qu'en réalité le véritable inventeur de la machine à écrire est un anglais John Pratt. Initialement Sholes n'avait imaginé qu'une machine pour numéroter les pages d'un journal (1864), et c'est Carlos Glidden (un inventeur mécanicien) qui avait eu vent du travail de John Pratt qui suggéra à Sholes d'en reprendre l'idée. La première machine fabriquée industriellement fonctionnait mal car très vite les secrétaires ont tapé plus vite avec cette machine qu'on écrit à la main (ce qui n'avait pas été prévu) et les barres de caractères s'enchevétraient fréquemment. C'est alors que Sholes eut l'idée de déplacer lesdites barres selon un ordre non plus alphabétique comme initialement mais fonction de la probabilité d'utilisation du caractère et aboutit au clavier QWERTY.


Siemens (Werner) : (Lenthe/Hannover, 1816- Berlin,1892) ingénieur allemand. Il débute ses études à Lubeck puis s'engage dans l'armée à Berlin où il fera des études d'ingénieur. Il sera responsable de la première liaison télégraphique entre Francfurt/Main et Berlin (vers 1848) puis de la première locomotive électrique (1879) En 1866, inventant la magnéto, il donne le principe de la dynamo. Il réalisera aussi le premier ascenseur électrique en 1880. Il sera co-fondateur, dès 1847, avec un cousin et un ami de la future plus grande compagnie allemande d'électrotechnique, aujourd'hui multinationale très diversifiée. Notons aussi que c'est la compagnie Siemens, alors dirigée par son frère Carl, qui a inventé les caisses de retraite.


Stefan Josef : (Klagenfurt, 1835- Wien, 1893) physicien autrichien d'origine slovène. Après des études secondaires à Klagenfurt, il fréquente dès 1853 l'université de Vienne (après avoir un temps envisagé de devenir moine bénédictin) où il fait des études de maths et de physique ce qui ne l'empêche nullement d'écrire et de publier des poèmes en slovène. Il enseignera ensuite à l'université de Vienne dont il deviendra directeur de l'institut de physique en 1866. Ses travaux ont porté sur le corps noir et les lois du rayonnement (loi de Stefan 1879 qui s'énonce "la puissance dissipée par rayonnement est proportionnelle à la quatrième puissance de la température"), mais aussi sur la conductivité thermique des gaz, l'évaporation, les phénomènes de diffusion dans les fluides...Il fut l'un des premiers à comprendre les équations de Maxwell sur l'électromagnétisme et s'intéressa aussi à l'effet de peau.


Stokes (sir George) : (Bornat Skreen, 1819- Cambridge, 1903) physicien irlandais, fils d'un pasteur protestant. Il passe 2 années à Bristol avant d'entrer à Cambridge au Pembroke College en 1837 où il fut coaché par William Hopkins qui lui conseilla de s'intéresser à l'hydrodynamique. Il publiera On the steady motion of incompressible fluids en 1842 puis Report on recent researches in hydrodynamics en 1845. A partir de 1849 il occupe une chaire de professeur de mathématiques à Cambridge. C'est en étudiant le mouvement d'un pendule dans un fluide qu'il aboutira à la loi sur la viscosité (1851). La Stokes est une unité de viscosité cinématique.


Sturm (Charles) : (Genève, 1803- 1855) mathématicien français d'origine suisse, . Il fut d'abord précepteur du fils de Madame de Staël avant de venir à Paris pour faire des recherches sur la compressibilité des liquides, puis sur le son. Il mesura la vitesse du son dans l'eau sur le lac Léman, travail à l'origine des techniques sonar employées pour la pêche, et la détection des sous marins. . En 1829, Sturm publie son célèbre théorème qui donne une méthode pratique pour calculer le nombre de racines d'un polynôme dans un intervalle donné. Il a publié de nombreux mémoires seul ou avec Liouville sur la résolution des équations numériques ou différentielles qui interviennent notamment dans la théorie de la chaleur de Fourier. Leurs travaux sont toujours utilisés et sont connus sous le nom de théorie de Sturm-Liouville. Il fut enseignant de mécanique et d'analyse à l'école polytechnique à partir de 1836.


Tesla (Nikola) : (Smiljan, 1857- New York,1943) physicien dalmate (né autrichien) polyglotte (il maitrisait 12 langues) qui étudia d'abord à Carlstatt, puis à l'école polytechnique de Gratz avant de partir, à l'invitation de Thomas Edison avec lequel il se fachera très vite, pour l'Amérique où il déposa plus de 900 brevets. On lui doit la promotion du courant alternatif (avec le soutien de Westinghouse), l'invention des courants polyphasés (vers 1890), le moteur électrique asynchrone et le couplage par induction mutuelle de deux circuits oscillants (1882). Bien que physicien de génie et plusieurs fois concurrent d'Edison sur des problèmes de radioélectricité il mourut pauvre à la différence de ce dernier. On a donné son nom à l'unité d'induction magnétique.


Thomson (sir William, alias lord Kelvin) : (Belfast, 1824- NetherHall, 1907) physicien anglais dont les travaux eurent un retentissement considérable. En 1841 il entre à Cambridge et dès la fin de ses études va rejoindre à Paris le physicien Regnault. A 22 ans il occupe la chaire de physique de l'université de Glasgow où il fera toute sa carrière. Il commença par découvrir que par le biais de cycles de compression-détente on pouvait refroidir les gaz, porte ouverte vers nos réfrigérateurs, puis il établit l'échelle des températures absolues (encore en vigueur en Kelvins) en 1854, et, en passant, il construisit un galvanomètre à miroir, un enregistreur et un électromètre (ce sont d'ailleurs ces travaux annexes qui lui valurent sur le moment la célébrité). Outre ces contributions majeures en électricité et thermodynamique, on lui doit aussi des travaux importants en mécanique, hydrodynamique, magnétisme, géophysique.


Van der Waals (Johannes Diderik) : (Leyde, 1837- Amsterdam,1923) physicien néerlandais. D'abord instituteur, il reprend des études à Leyde, y soutient sa thèse en 1873 Over de continuiteit van den gasen vloieistofoestand. Il modifia l'équation d'état des gaz parfaits (PV = nRT) pour mieux l'accorder aux propriétés des gaz réels, ce qui permit de comprendre pourquoi, en dessous d'une température critique, un corps peut exister simultanément sous phase liquide et vapeur. Il fut ensuite professeur à Amsterdam où il étudia les forces d'attraction moléculaire, ce qui lui valut le prix Nobel en 1910. Entre autres ses travaux servirent de base scientifique à ceux de Kamerlingh Onnes qui en 1913 reçut le Nobel pour ses travaux à basse température et la liquéfaction de l'hélium.


Weber (Wilhelm Eduard) : (Wittenberg, 1834- Göttingen, 1891) physicien allemand, fils d'un professeur de théologie , il fera ses études à l'université de Halle, mais Gauss le fait nommer professeur à Göttingen. Il s'intéresse d'abord à l'acoustique (Wellenlehre, auf Experimente gegründet). En 1833, il construit avec Gauss le premier télégraphe électromagnétique reliant l'observatoire à l'institut de physique de l'université de Göttingen. Spécialiste de l'induction électromagnétique, il va mettre au point de nombreux procédés de mesure en électrodynamique et électrostatique qui rendront bien service à Maxwell lors de l'élaboration de sa théorie électromagnétique de la lumière. Le weber est évidemment l'unité de mesure de flux d'induction magnétique.


Wheatstone (sir Charles) : (Gloucester, 1802- Paris,1875) physicien anglais dont l'invention du stéréoscope et du télégraphe électrique à cadran ont aujourd'hui moins de retentissement que le pont de mesure de résistances dit pont de Wheatstone qui reste un outil de référence et la base de nombreux capteurs et instruments de mesures physiques. Il était commis chez un marchand d'instruments de musique, lorsqu'il publia, en 1823, de curieuses expériences sur le son. Il s'occupa ensuite de la résonance des colonnes d'air, de la transmission des sons dans les conducteurs solides linéaires (1831), et construisit une machine parlante. En 1834 professeur au King's College de Londres, il publia ses expériences sur la vitesse de l'électricité. Puis, en 1837, de nouvelles expériences sur le son, et la description d'un kaléidoscope phonique, qui devint le point de départ de l'acoustique optique. L'année suivante, il inventait le stéréoscope, perfectionné depuis par Brewster. En 1838, il brevetait son télégraphe électrique à cadran. On le vit ensuite inventer le pont de Wheatstone, le cryptographe indéchiffrable, permettant de rendre les dépêches secrètes, le télégraphe écrivant (1869) ; etc ... sa presque constante préoccupation étant d'améliorer la télégraphie et ses applications.


Young (Thomas) : (Milverton, 1773- Londres, 1829) physicien mais aussi médecin anglais et polyglotte à qui l'on doit des recherches en optique physique qui firent beaucoup pour l'établissement de la théorie ondulatoire de la lumière, la découverte des franges d'interférences lumineuses. Son dispositif expérimental a donné naissance aux fameuses fentes de Young (1801) chères aux responsables de TP d'optique. Il fit ses études successivement à Londres, Edinburgh puis Göttingen. En 1799 il s'installe comme médecin à Londres. Il mène alors une double carrière de médecin et de professeur de physique dans diverses institutions londoniennes. Philologue distingué il fut, en outre, l'un des premiers à déchiffrer les hiéroglyphes.